lundi 14 février 2011

Sushi Taxi



Les sushis sont à la cuisine japonaise ce que les tapas sont à la cuisine espagnole : un emblème, un symbole en plus de constituer une façon extrêmement agréable d'effectuer un tour d'horizon rapide et savoureux des possibilités qu'offre l'art culinaire du pays en question. Et qui dit "petites bouchées", dit "la moitié féminine des Becs fins A-DO-RE !!!". De plus, en ce qui me concerne, je dois avouer que j'ai un faible pour les sushis qui sortent des sentiers nippons battus. Et dans ce contexte, il faut dire que Sushi Taxi a relevé avec brio le défi de me surprendre d'agréable et de délicieuse façon. Leurs makis, que renierait probablement un chef traditionnel tokyoïte, sont marqués du sceau de la créativité et de l'inventivité de la maison. Et, faut-il le mentionner, ils sont d'une fraîcheur irréprochable ce qui constitue selon moi, un must absolu !

Ainsi donc, lors d'une visite récente à la succursale de Saint-Sauveur, nous avons eu la chance, mes amis et moi, de goûter plusieurs créations dont je vous donne ici un rapide tour d'horizon.

Pour ma part, j'ai débuté la dégustation par une salade wakame, délicieuse :


Parmi les makis que nous avions choisis, il y avait le Bouddha, constitué de saumon tataki, avocat, laitue, basilic, wakame, wonton, sauce wasabi-citron, couché avec tartare de saumon et amandes grillées.

Puis le Hocho, composé d'une crevette tigrée tempura, de basilic, concombre, noix de coco, avocat, sauce épicée et renversé avec masago :


Nous nous sommes également laissés tenter par le bien nommé 911 qui est garni de thon croquant épicé, de jalapeños, avocat, miel, tempura, pistaches, renversé avec crème sure et ciboulette.

Un de mes makis favoris fut certainement le Atkins avec saumon fumé, asperge, crème sûre, ciboulette, oignon rouge, renversé avec saumon frais et aneth :


Le Valdez, fait de chair de crabe, avocat, tempura, masago rouge, échalote, laitue, et sauce mât fut un autre choix judicieux :


À ne pas négliger non plus, le Hawaï 5-0, très très bon avec saumon braisé cajun, tartare de thon, fruits de saison, avocat, tempura, miel, sauce mât:


Un de mes coups de coeur fut sans contredit le Winnie, un surprenant, mais réjouissant assemblage de tartare de saumon, pomme verte, mangue, fromage à la crème, le tout plongé dans le tempura coco, et nappé de miel :


Bref, tout était succulent. Toutefois, je déplore qu'il n'existe aucune succursale de cette chaîne dans la région de Montréal car alors, j'en ferais assurément mon fournisseur de sushis officiel !

Évaluation : ***½
Prix : Compter environ 25 à 30$ par personne avant vin, taxes et service
Informations supplémentaires : Exception faite de la région de Québec et de Trois-Rivières, Sushi Taxi possède des succursales à Tremblant et à Saint-Sauveur.

Sushi taxi
100, de la Gare
St-Sauveur (Québec) J0R1R6
450-227-3346

dimanche 6 février 2011

Bonnes adresses à Paris : Brasserie Bofinger


Située à deux pas de la Place de la Bastille, la Brasserie Bofinger fait partie de ces adresses gastronomiques un peu mythiques, de ce circuit des brasseries parisiennes emblématiques, qui compte aussi LIPP et La Coupole. On visite cette brasserie alsacienne fondée en 1864 pour la nourriture, mais aussi pour le décor d’époque, les serveurs en costume et l’ambiance authentique et un peu surannée de bistro d’un autre temps.

La salle, en deux sections, est superbe avec ses boiseries, ses vitraux, ses cuivres et ses banquettes de cuir noir. Les murs décorés de grands miroirs donnent l’illusion que l’endroit est plus grand qu’il ne l’est en réalité, se déployant presque à l’infini.

Si le menu, fidèle aux racines alsaciennes de la maison, affiche plusieurs plats de choucroute, il propose aussi des classiques de la cuisine française de toutes régions : foie gras maison, canard confit, tartare de bœuf, andouillette, plateau de fruits de mer et autre chateaubriand. La formule à deux services (une entrée + un plat ou un plat + un dessert) à 26,50 € est une bonne affaire. Une formule à trois services (entrée, plat et dessert) est aussi proposée à 32 €. À la carte, si on se laisse aller, on peut facilement atteindre les 50 à 60 €, sans compter les boissons.


Voici les plats goûtés lors de notre visite à la Brasserie Bofinger, en décembre dernier.

En entrée, le velouté de crustacés aux cerfeuil et croûtons est une espèce de bisque goûteuse et très, très crémeuse. Les premières cuillérées déclenchent même chez nous un fou rire tellement c’est cochon. Ça goûte presque le beurre! Malheureusement, à la longue, ça finit par devenir un peu épuisant. Je finis quand même mon assiette, parce que c’est quand même délicieux.

Arrive le tournedos de saumon rôti au beurre de riesling, fondant de poireau. Le poisson repose sur une préparation de poireau, qu’on semble avoir simplement fait tomber au beurre. Le tout est généreusement nappé d’une sauce au beurre rien de moins que décadente. Malgré que le poisson soit un peu trop cuit à mon goût – la chair étant un peu sèche –, le plat est satisfaisant. Mais après le velouté hyper-crémeux, la sauce au beurre finit de m’achever.

Autre plat goûté : la cuisse de canard confite sur lit de choucroute, jus à la sauge. Le canard est savoureux et superbement tendre; la chair se défait à la fourchette et fond sur la langue. La choucroute est parfaite. Encore une fois, rien de léger, rien de très raffiné, mais une belle assiette.

En dessert, nous partageons le mi-cuit au chocolat « Guanaja ». On reste dans les classiques et nous ne sommes pas déçus, malgré que l’appétit n’y soit plus tout à fait.

Sous des cloches de métal, les plats passent de la cuisine à une table de service située en salle, où les serveurs dressent les assiettes. Ces serveurs portant le complet noir et le nœud-papillon sont d’une courtoisie et d’une efficacité redoutable. On ne propose pas ici ce genre de service décontracté des restaurants modernes. Ici, service rime avec rigueur et professionnalisme.

Autour de nous, la clientèle fait plutôt BCBG; surtout des couples, des gens bien mis. Un monsieur d’un certain âge en veston de velours et foulard noué au cou est accompagné d’une dame en robe longue. Deux couples biens fringués boivent du champagne et avalent des huîtres à la chaîne. Exception qui confirme la règle, notre voisin de table semble tout droit sorti d’un film français et me rappelle vaguement feu l’acteur Jacques Villeret. Ah oui, autre exception : les Becs fins déguisés en touristes nord-américains.

En résumé, le Bofinger, quoique peut-être un peu cher, est un restaurant à essayer pour son côté pittoresque (à nos yeux de québécois), pour sa cuisine très classique (quoiqu’un peu lourde!), pour sa superbe déco et son service impeccable.

mardi 1 février 2011

Mikado


Raffinement, harmonie, esthétisme, précision. Telles sont les caractéristiques qu'on attribue généralement à la culture japonaise et, par extension, à la façon dont elle s'exprime dans la cuisine. Mikado nous a prouvé récemment que cette réputation n'était pas surfaite. En effet, notre première visite à ce restaurant du Mile-End nous a conforté dans nos "préjugés" sur l'art culinaire japonais et ce, de belle façon.

Nous arrivons et prenons place dans l'élégante salle à manger parée de miroirs et de panneaux japonais en papier de riz. Un bar en bois sombre parcourt la salle de l'avant vers l'arrière et nous sépare des cuisiniers qui s'activent à la confection des plats. L'ambiance est feutrée et l'éclairage tamisé. Déjà, nous nous sentons bien accueillis.

Un premier coup d'oeil à la carte nous ravit : tout semble succulent. Pour ma part, je choisis le Bento, une boîte à compartiments rassemblant 6 spécialités du chef. Le Bento est précédé d'une soupe Miso, ce qui n'est pas pour me déplaire, car généralement j'aime beaucoup cette soupe. Mon amoureux, quant à lui, opte pour l'assortiment de sushis et makis, ainsi que pour une salade d'algues en entrée.

La soupe Miso est délicieuse, certainement une des meilleures que j'ai eu l'occasion de manger. La salade d'algues, pour sa part, peut étonner quiconque n'est pas familier avec ces végétaux d'origine marine. En effet, la texture des algues est légèrement caoutchouteuse, ce qui est normal, mais ce qui peut surprendre un brin l'occidental moyen. Toutefois, la vinaigrette est succulente, ce qui fait que l'ensemble est vraiment très bon.

Mon Bento arrive. Il est constitué de quatre makis, d'une crevette et d'un morceau de patate douce tempura, de deux tartares de saumon servis sous forme de canapés, de thon rouge teriaki, de thon jaune servi sur une salade avec vinaigrette piquante et d'un dumpling aux crevettes. Je ne sais plus où donner de la baguette car tout est délicieux. Je suis comblée ! Durant ce temps, mon conjoint se régale de son assortiment de makis et de sushis. La fraîcheur est évidemment impeccable et la combinaison des saveurs constituant les makis, qui sort un iota des sentiers battus, est parfaite.

Comme quelqu'un doit se sacrifier pour le dessert, je me porte volontaire tout en faisant preuve de retenue (une fois n'est pas coutume!) en élisant la crème glacée au chocolat noir aux épices. Celle-ci, accompagnée d’un thé vert, a l'heur de conclure agréablement et en légèreté ce délicieux repas.

Évaluation : ***½
Prix : Comptez environ 30$ à 40$ par personne avant vin, taxes et service

Mikado
399, av. Laurier Ouest
Montréal, Québec
H2V 2K3
514 279-4809

jeudi 20 janvier 2011

Promenade gastronomique dans le quartier portugais


Nous avons eu le plaisir de visiter le Portugal cet été et avons découvert un pays magnifique peuplé de gens accueillants et où la gastronomie simple et rustique s’avère souvent savoureuse. Une cuisine qui met en vedette grillades, poissons, croquettes de morue, pommes de terre et bien sûr une bonne quantité d’huile d’olive.

Il est possible de goûter un peu du Portugal sans quitter Montréal, en visitant son petit quartier portugais, situé à deux pas des rues commerçantes (et touristiques) du Plateau Mont-Royal. Le quartier portugais se situe dans le quartier Saint-Louis, grosso modo entre les rues St-Urbain et St-Denis, de l’avenue des Pins au sud à la rue Marie-Anne au nord.


L’arrivée des Portugais à Montréal est relativement récente, la première vague d’immigration portugaise datant de 1953, alors que le Canada, qui est en manque de travailleurs et a besoin d’immigrants, passe un accord avec le Portugal. Plusieurs vagues d’immigrants ont ensuite grossi la population portugaise à Montréal (sources : 1, 2).


Bien que de nombreux commerces illustrent l’appartenance portugaise du quartier, ce dernier est loin d’être homogène; le boulevard Saint-Laurent attire les immigrants depuis toujours et on trouve dans le quartier portugais des commerces juifs (dont le mythique restaurant Schwartz) et latino-américains, entre autres. Aussi, ce quartier n’est pas à l’abri d’une certaine gentrification. Certaines rues donnent l’impression que la population portugaise d’origine est peu à peu remplacée par une population plutôt aisée. Comme ailleurs sur le Plateau-Mont-Royal, le prix des maisons a explosé et dans certaines rues les affiches aux couleurs d’agence immobilières se multiplient. Les propriétés changent de main et sont souvent rénovées de fond en comble par leurs nouveaux propriétaires fortunés. Si on aperçoit encore à l’occasion des vieilles femmes balayer le trottoir devant leur maison (spectacle tout ce qu’il y a de plus pittoresque dans une ville du Portugal), on voit aussi beaucoup de voitures de luxe stationnées devant des cottages rénovés qu’on imaginerait très bien faire le cahier Habitation de La Presse du samedi.


Malgré tout, au gré d’une promenade dans le quartier, pourrez-vous voir le Parc du Portugal (coin Rachel et St-Laurent), la Caisse d’économie des Portugais de Montréal (sur St-Laurent au nord de Rachel), les bureaux de l’Association Portugaise du Canada (dans une ancienne synagogue, sur St-Urbain, près de Rachel) et l’église Santa Cruz (coin Rachel et St-Urbain). Aussi, sur le mur extérieur du Centre communautaire voisin de l’église, pourrez-vous voir une fresque de céramiques peintes (azulejos) qui commémore le quartier portugais historique.


Cette promenade vous permettra aussi – surtout! – de goûter un peu du Portugal. Voici quelques repères gourmands.

Chez Doval (150, rue Marie-Anne Est), petit resto très populaire, sans prétention, où on va manger du poulet grillé arrosé d’un verre de vihno verde.

Portus Calle (4281 boul. Saint-Laurent) est en quelque sorte le restaurant portugais haut de gamme du quartier. Plus de détails dans notre critique, il y a quelques jours.

La rôtisserie Coco Rico (3907 boul. Saint-Laurent), qui se targue d’être la « Première rôtisserie portugaise à Montréal », où on fait cuire les pommes de terre en les déposant au fond des rôtissoires. Ça donne des patates au gras de poulet totalement « dietetically-incorrect ».


La rôtisserie Romados (115, rue Rachel Est), où les gens font continuellement la queue pour le poulet grillé, qu'on fait cuire sur charbon de bois à une échelle presque industrielle. Du trottoir, on peut d’ailleurs voir par une vitrine les énormes barbecues. Du toit de l’immeuble, une cheminée crache sans discontinuer un nuage de fumée responsable d'une espèce de smog de barbecue sur cette section de la rue Rachel. Si la file est trop longue, on pourra aussi choisir La Rôtisserie Portugalia (34, rue Rachel Ouest) à quelques coins de rues, qui fait aussi dans le poulet rôti.


L’épicerie boucherie Soares (130, avenue Duluth Est), épicerie de quartier où on trouve de nombreux produits portugais : un grand choix d’huiles d’olive de qualité à bon marché, morue séchée, chorizo, sardines en conserves, etc. Le distributeur alimentaire Ferma, spécialisé dans les produits portugais, est très présent sur les tablettes. Et en prime : le sourire de la patronne.

Tasca Bistro (172, avenue Duluth Est), restaurant étonnamment vaste pour la petite rue Duluth, qui semble être l'hôte privilégié des réceptions familiales portugaises. Grosse affluence le dimanche midi.


Le Café central portugais (4051 Saint-Dominique), semble être le rendez-vous des petits monsieurs du coin qui viennent y prendre café ou apéro et ce, à toute heure du jour. Sans doute l’un des lieux les plus pittoresques du quartier!

Soulignons enfin que les succursales de la SAQ du quartier (au 4008, rue St-Denis et au 3565 boul. St-Laurent) ont une bonne sélection de vins portugais en spécialité.


Cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Votre promenade vous permettra de découvrir divers autres restaurants, pâtisseries ou cafés portugais. N’hésitez pas à partager vos découvertes par un commentaire!

Quartier « ethnique » un peu méconnu, peut-être parce qu’il est petit, peut-être aussi parce que le peuple portugais est simple et modeste, le quartier portugais de Montréal n’en mérite pas moins le détour. Que ce soit pour manger des grillades ou du poisson, pour y faire le plein de conserves de sardines, ou pour se balader dans ses rues résidentielles tranquilles: lors de votre prochaine visite sur le Plateau, faites donc un petit détour par le quartier portugais!

lundi 17 janvier 2011

Le lait de soya Natur-a


J'aime le lait. Toute petite, j'en buvais une quantité phénoménale et ce, au grand désespoir de mes parents qui voyaient la provision de lait dans le frigo baisser à vue d'oeil. Encore aujourd'hui, je vais même jusqu'à demander un verre de lait au moment des repas dans un avion, ce qui a souvent comme conséquence d'allumer une lueur de panique dans le regard de l'infortuné agent de bord assigné à ma rangée de bancs, étant la seule personne de plus de 10 ans qui a ce type de requête et ce, toutes compagnies aériennes confondues... Bref, comme je bois près d'un litre de lait par jour, je crois qu'à moins d'une cruelle injustice, le spectre de l'ostéoporose ne risque pas de venir me hanter.

Il y a quelques années toutefois, j’ai eu envie de diversifier mes sources de calcium et ce, pour toutes sortes de bonnes raisons. J'ai alors jeté mon dévolu sur le lait de soya, reconnu pour ses multiples bienfaits. J'ai ai donc essayé plusieurs marques, celles-ci se déclinant pour la plupart en plusieurs saveurs telles que "original", vanille, chocolat, fraise, mais aucune ne me plaisait au point de devenir mon breuvage de prédilection. De plus, tout au long de mes recherches, je me suis demandé (et me demande encore) : mais pourquoi diable ajoutent-ils du sucre dans la version "original" ou "nature" ? Est-ce que c'est supposé en améliorer le goût ? Si c'est le cas, alors c'est raté, du moins en ce qui me concerne.

J'ai donc eu fort à faire afin de trouver un lait de soya qui me plaisait, leur trouvant à tous un petit goût de gazon qui, à moins d'avoir des gènes de ruminant, est plutôt désagréable... Cependant, à force de persévérance, j'ai finalement trouvé un lait de soya que j'aime vraiment beaucoup : le Natur-a non sucré. Et Ô surprise ! Il est fabriqué au Québec ! Je sais pertinemment qu'il ne fera pas l'unanimité auprès de tous, tous les goûts étant, semble-t-il, dans la nature, mais il a un petit je-ne-sais-quoi de subtilement végétal, très proche de la neutralité en fait, ce qui me plaît beaucoup puisqu'il n'altère en rien la saveur du chocolat noir qu'il accompagne... souvent ! :-)