Connaissez-vous cette émission de télé présentée à Télé-Québec le mardi à 19 h 30 (en rediffusion le jeudi et dimanche 15 h) ? Je l'ai découverte un peu par hasard, alors que je faisais mon jogging. Là, circonspect comme vous l'êtes, vous vous demandez sûrement et avec raison, dans quelles circonstances étranges peut-on écouter la télé en faisant du jogging ? La clé de cette nébuleuse énigme se trouve dans deux mots : tapis roulant. Ainsi donc, pendant que mes jambes foulent le tapis à un rythme effréné et que mon coeur pompe comme un fou, j'occupe mes pensées (qui n'ont visiblement rien de mieux à faire durant ce temps-là) en regardant la télé, cette activité parallèle me donnant en prime la gratifiante et nette impression de me distinguer du hamster dans sa roulette. Mais puisque l'appareil installé devant mon tapis roulant ne capte que les ondes qui se propagent par la voie des airs et daignant bien toucher notre antenne, mes seuls choix possibles sont Radio-Canada, TVA, V, CBC, CTV et Télé-Québec. Ce qui laisse peu ou prou de latitude lorsqu'on veut se distraire l'esprit pendant que le corps fait tout le travail.
Or, il y a quelques semaines, je suis tombée sur cette agréable émission de télé pilotée par la sympathique Alexandra Diaz et la souriante Geneviève O’Gleman, nutritionniste. Avertissement : l'émission Cuisine futée, parents pressés ne contient ni chefs aux bras tatoués, ni propriétaires de resto faisant du rabattage pour augmenter la clientèle, ni vedettes venant ploguer un quelconque événement, ni recettes soi-disant simples, mais qui se bouclent en 18 étapes faciles et qui requièrent 32 ingrédients dont certains se dénichent seulement dans de rares épiceries fines. Non. Seulement des recettes simplissimes, rapides et nutritives, et qui sont par surcroît, présentées de manière conviviale par les deux avenantes acolytes Geneviève et Alexandra. Autrement dit, le genre de recettes qu'on peut exécuter un mardi soir en revenant du travail, en deux temps, trois mouvements - et quatre ingrédients !, tout en ayant la satisfaction de manger quelque chose qui est bon pour la santé et bon au goût.
Cette émission, de par son titre, semble s'adresser principalement aux parents pressés, mais pour ma part, je la rebaptiserais « Cuisine futée, gens pressés » car nul besoin d'être un parent pour l'apprécier !
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vendredi 31 mai 2013
lundi 11 avril 2011
Émission Guide restos Voir
Le principe de base de cette émission du canal Évasion est fort simple : chaque semaine, l'animatrice Anne-Marie Withenshaw convie son invité, une figure connue du grand public, à prendre tous les repas d'une même journée dans trois restaurants différents, le but étant de nous amener à faire de belles découvertes gastronomiques. L'idée de départ donc est fort sympathique.
Là où je décroche, c'est lorsque l'animatrice et l'invité s'extasient devant les petites attentions spéciales, les grands vins et le service exceptionnel auxquels ils ont droit, poussant même l'audace jusqu'à donner une cote au restaurant à la fin du repas... Euh, quelle est exactement la pertinence de cette soi-disant évaluation ? En effet, il m'apparaît plus qu'évident que la présence d'une caméra et d'une personnalité connue insuffle dans la cuisine une frénésie supplémentaire ayant pour objectif de hausser la qualité et le service d'une coche ou, à tout le moins, de s'assurer que tout soit plus que parfait. Pas sûr que Mme Tartampion a droit au même traitement, grand(s) vin(s) offert(s) à titre gracieux par la maison, visite du chef qui vient présenter les plats et tutti quanti.
Loin de moi l'idée de prétendre que les restaurants visités dans le cadre de l'émission offrent un moins bon service à Monsieur et Madame Tout-le-monde, mais il me semble évident que l'effet "kodak" joue un rôle non négligeable dans le déroulement de l'expérience et que celle-ci est donc fortement biaisée. Dans ce contexte d'univers parallèle difficilement accessible à nous pauvres anonymes, il convient donc de prendre les commentaires et, surtout, l'évaluation de l'animatrice et de son invité avec un (gros) grain de (gros) sel.
Nonobstant ce bémol, cette émission constitue une vitrine intéressante sur ce qu'un resto a à offrir de meilleur et ce, qu'on puisse ou non jouir d'un traitement de faveur...
Là où je décroche, c'est lorsque l'animatrice et l'invité s'extasient devant les petites attentions spéciales, les grands vins et le service exceptionnel auxquels ils ont droit, poussant même l'audace jusqu'à donner une cote au restaurant à la fin du repas... Euh, quelle est exactement la pertinence de cette soi-disant évaluation ? En effet, il m'apparaît plus qu'évident que la présence d'une caméra et d'une personnalité connue insuffle dans la cuisine une frénésie supplémentaire ayant pour objectif de hausser la qualité et le service d'une coche ou, à tout le moins, de s'assurer que tout soit plus que parfait. Pas sûr que Mme Tartampion a droit au même traitement, grand(s) vin(s) offert(s) à titre gracieux par la maison, visite du chef qui vient présenter les plats et tutti quanti.
Loin de moi l'idée de prétendre que les restaurants visités dans le cadre de l'émission offrent un moins bon service à Monsieur et Madame Tout-le-monde, mais il me semble évident que l'effet "kodak" joue un rôle non négligeable dans le déroulement de l'expérience et que celle-ci est donc fortement biaisée. Dans ce contexte d'univers parallèle difficilement accessible à nous pauvres anonymes, il convient donc de prendre les commentaires et, surtout, l'évaluation de l'animatrice et de son invité avec un (gros) grain de (gros) sel.
Nonobstant ce bémol, cette émission constitue une vitrine intéressante sur ce qu'un resto a à offrir de meilleur et ce, qu'on puisse ou non jouir d'un traitement de faveur...
samedi 6 février 2010
KAMPAÏ !
Les émissions de télé culinaires se multiplient et, ma foi, on n’a jamais vu autant de gens popoter dans le gros tube. Le phénomène a fait se développer depuis quelques années tout un vedettariat de la chose gastronomique : animateurs(trices) enthousiastes, jeunes chef charismatiques, sommeliers(ères) médaillé(e)s, etc. On aura bientôt suffisamment de cuistots télégéniques pour justifier la création d’un Canal Manger québécois, version française du Food Network. D’ailleurs, quelques-unes de nos stars québécoises de la recette n’ont pas attendu qu’Astral ou quelqu’autre empire médiatique réussisse à convaincre le CRTC du bienfondé d’une chaîne de recettes en continu, ils s’exportent déjà au Rest of Canada via le Food Network (version canadienne). Ainsi peut-on voir les Ricardo (and Friends), Chuck Hughes (et ses tatouages) et Martin Picard (Martin sur la route devenant The Wild Chef) exercer leur art devant la caméra et dans la langue de Jamie Oliver. Les magazines féminins font déjà leurs choux gras de Josée Di Stasio; verrons-nous bientôt un François Chartier ou un Danny St-Pierre à la une du Échos Vedette? Malgré cette surabondance d’émissions culinaires et leur qualité très variable, malgré le phénomène de mode et l’opportunisme qui vient avec, loin de nous l’idée de snober les shows de casseroles. Au contraire, mordus de la bouffe que nous sommes, cette abondance n’est pas une mauvaise chose. Le truc, c’est de choisir la crème. (1)
Dans ce contexte, une des dernières émissions à avoir vu le jour est Kampaï ! À votre santé, diffusée à Radio-Canne depuis septembre dernier. L’émission met en scène une animatrice charismatique (Mitsou) , un biochimiste et co-auteur de livres populaires sur l’alimentation et la prévention du cancer (le Dr Richard Béliveau) et un jeune chef dynamique qui se présente bien (Stefano Faita).
Le format est en gros le suivant. À chaque semaine, un aliment santé (dit aliment kampaï) sert de thème à l’émission. Il s’agira d’un de ces produits dont le Dr Béliveau a traité dans ses livres et que des recherches récentes permettent d’associer à la prévention du cancer. On discute des bienfaits de cet aliment sur le plan métabolique, le Dr Béliveau y allant d’un petit laïus didactique pendant que Stefano en fait l’ingrédient vedette d’une recette, préparée en direct. Parquées dans des gradins, quelques dizaines de personnes assistent à l’émission; une courte période de questions permettra à deux ou trois d’entre eux de demander des précisions au Dr Béliveau en récitant une question rédigée à l’avance par les recherchistes de l’émission. La personnalité invitée de la semaine aura le privilège de couper des légumes et de goûter aux plats préparés par Stefano pendant l’émission, tout en s’exprimant sur sa relation personnelle avec l’aliment kampaï de la semaine.
Mais malgré l’animation de la pétillante Mitsou, habillée comme si elle allait à un gala, malgré le naturel et la compétence de Stefano, malgré l’intelligence et l’enthousiasme du Dr Béliveau, la sauce ne lève tout simplement pas. Et l’émission fait patate (un aliment pas du tout kampaï, comme chacun le sait). C’est que la machine Kampaï! est trop grosse. L’émission sent le concept à plein nez et manque cruellement de naturel. Tout d’abord, cuisine et talons hauts ne font pas bon ménage. Le décor est immense. La présence du public, inutile. Tout est baigné d’une lumière rappelant l’éclairage d’un supermarché. Et le message associant l’alimentation à la bonne santé trop, beaucoup trop appuyé.
Déjà, le titre sent le concept. Kampaï. Qu’est-ce que cela? Il semble que ce soit la formule utilisée par les japonais lorsqu’ils trinquent. Comme on dirait en français « Santé! » ou « À la bonne vôtre! » Mais suite à une petite recherche sur Internet, je ne peux cependant pas conclure que la signification de ce mot japonais ait quoi que ce soit à voir avec le concept de santé. Mais qu’à cela ne tienne (comme dirait Denis Gagné de L’Épicerie), on a décidé chez Kampaï! que ce mot voulait dire « bon pour la santé ». Ainsi, parle-t-on d’aliment kampaï, de recette kampaï. On prêche les vertus d’une bonne alimentation, les disciples rassemblés dans les gradins scandent « Kampaï! », comme d’autres « Amen! » ou « Heil Hilter! » Gros, gros malaise. Je veux bien avoir une bonne alimentation, mais pas besoin pour cela de m’enrôler dans cette secte. Et puis, ce branding insistant nous fait redouter l’apparition prochaine d’une gamme de mets préparés Kampaï!, offerts chez IGA (un des commanditaires de l’émission). Et bien entendu la publication d’un livre des meilleures recettes (et des meilleurs prêches) de l’émission.
Ceci dit, la plus grande qualité de cette émission demeure le fait que le Dr Béliveau passe un réel contenu scientifique, vulgarisé sans niveler par le bas, nous servant des mots de plus de trois syllabes sans s’en excuser, abordant des notions d’histoire, de biochimie et de médecine d’une façon toute naturelle, en prenant pour acquis que les téléspectateurs peuvent avoir un certain niveau de connaissances générales et de culture scientifique. Ces quelques minutes didactiques comportent plus de science que tout le reste de la programmation de Radio-Canada (et j’inclus là-dedans Découverte). Certains diront que le monsieur n’est pas des plus télégéniques, mais ceci n’est à mon avis qu’un détail de peu d’importance par rapport aux vices de fond qui sabotent l’émission.
En fait le format inutilement spectaculaire de Kampaï! est en quelque sorte la démonstration qu’il n’y a rien de mieux qu’un bon vieux show à hauteur de fourneaux, qui tient compte de la nature intime de la cuisine, et où la bouffe et l’information – plutôt que les animateurs, le décor, le public ou les plogues publicitaires – sont les vrais vedettes.
Note:
- (1) Eh bin, mon vieux. Elle est bonne celle-là. Après avoir écrit tout ceci, je tombe par hasard sur cet article récent du site Rue Frontenac qui annonce l’entrée en onde prochaine d’un « Canal Manger » québécois! Je n’étais pas au courant de la chose. Ça sera produit par la même société qui nous offre déjà la chaîne Canal Évasion, ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle…
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