mardi 14 juin 2011

Accords


Je préfère partager mon enthousiasme quant aux bonnes adresses plutôt que de tirer à boulets rouges sur les établissements m'ayant déçue... En effet, il existe une telle quantité de bons restaurants à Montréal et ailleurs au Québec, alors pourquoi prêter attention à ceux qui ne le méritent pas ?

Ainsi, ma première et ce qui s'avérera être sans contredit ma dernière visite à ce resto, propriété de Guy A. Lepage et Chantal Fontaine, fut une déception. En effet, dans le cadre des tournées "Enfin, un répit du 'food court' ce midi", mes collègues et moi avons récemment élu Accords comme étant le prochain resto à visiter. Puisque j'en avais entendu parler à quelques reprises en bien, c'est donc moi qui l'avais proposé à mes compagnons qui ont acquiescé... Mea culpa.

La carte laissait pourtant présager tout autre chose, alors que les plats offerts semblent délicieux. Pour ma part, j'ai opté pour le fish and chips, le meilleur du coin d'après le serveur. Quant à eux, mes compagnons ont choisi qui, les pâtes du jour, des pâtes maison au pesto et qui, les côtes levées avec patates douces rôties. Tout le monde a pris le potage aux poireaux en entrée. Première déception du jour : la soupe est à peine tiède. C'est dommage car sinon, alors qu'elle est accompagnée de petits lardons et de quelques pousses de verdure, elle serait très bonne.

Arrivent ensuite les plats principaux. Mon filet de poisson pané est déposé sur un monticule de frites fines. Premier constat en ce qui concerne cette assiette : la présentation est étonnamment drabe, surtout pour un resto qui se prétend un tant soit peu raffiné. Zéro point donc en ce qui a trait au volet esthétique. Et pour ce qui est du volet papilles, disons qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat ce qui, de toute façon, n'est pas une façon très élégante de marquer son appréciation. Le poisson est un peu fade, ce qui me laisse croire que la pauvre bête est malheureusement morte en vain. En plus, les frites sont molles, ce qui n'arrange rien.

Les côtes levées, pour leur part, feront l'unanimité auprès de mes acolytes : la viande manque cruellement de tendreté et de jutosité, c'est à dire tout le contraire de ce à quoi l'on est en droit de s'attendre de ce plat... En fait, seules les pâtes ont trouvé grâce à mes yeux, alors qu'elles étaient correctes, sans plus.

Peut-être qu'à cet endroit, l'on accorde moins d'attention au repas du midi, le considérant à tort comme un art mineur de la table ? Si tel est le cas, alors il s'agirait d'une erreur de taille, car nombreuses sont les personnes (et j'en fais partie) qui tâtonnent la marchandise le midi à petit prix pour ensuite, après avoir obtenu satisfaction, y retourner le soir afin de passer aux choses sérieuses. Or, mon expérience chez Accords, outre le fait de ne pas m'avoir incitée à y retourner le midi, m'a encore moins donné le goût de m'y rendre le soir, alors que le total de l'addition est presque multiplié par deux.

Peut-être sommes-nous tout simplement mal tombés ? Tous les quatre ? Mouais, pas sûr. À moins que les statistiques aient bêtement joué contre nous et que Murphy s'en tape encore sur les cuisses... Toutefois, il m'apparaît évident que le concept de "mal tomber" ne devrait pas exister et ce, pour tout restaurant qui se respecte. En effet, un client qui est déçu lors de sa première visite est un client qui généralement ne revient pas. Malheureusement, j'en suis.

Évaluation : **
Prix : Compter entre 20$ et 25$ le midi par personne, avant vin, taxes et service.

Accords
212, rue Notre-Dame Ouest
Vieux-Montréal
514.282.2020

dimanche 5 juin 2011

Je ne bois pas la vie en rose (sur un air connu)


Il y a de ces débats complètement stériles qui visent à déterminer par des arguments objectifs la supériorité d’une chose sur une autre, alors que celles-ci ne s’opposent nullement et qu’il n’y a tout simplement pas de choix à faire entre elles. Ainsi, il n’est pas rare pendant un repas entre amis d’entendre quelqu’un lancer que « en général, c’est bien entendu, le vin rouge est bien meilleur que le blanc ». À chaque fois que j’entends ce genre d’ineptie, je me demande pourquoi diable il faudrait choisir entre rouge et blanc. Pourquoi ne pas apprécier les deux? Il n’y a rien comme la variété; il se trouve qu’il y a des vins intéressants de tous les prix tant en blanc qu’en rouge. Et il existe de grands vins blancs comme il existe de grands vins rouges.

Tout ceci étant dit, cette théorie de la relativité ne s’applique pas au vin rosé. Parce que le rosé, objectivement, ce n’est pas très bon.

À chaque année, je me fais prendre à acheter une bouteille de rosé, victime du marketing et de l’exaltation qui nous gagne naturellement lorsque la saison chaude revient. Ainsi, ce week-end ai-je aléatoirement fait l’achat compulsif d’une bouteille du vin de pays d’Oc C’est la vie! Syrah rosé, 2009, sans doute leurré par le prix spécial affiché à la SAQ (prix régulier 13,70$ en spécial à 12,35$). De retour à la maison, apéro, soleil, week-end, la vie est belle (je dis ça pour vous faire croire que je ne suis pas qu’un mononcle ronchon). Je goûte et je note. Dans le verre, le vin montre une jolie robe rose-orangé. On croit percevoir un nez très discret de fruits rouges. En bouche, à part la sensation de froid, on n’a droit qu’à une légère acidité et un fruité, disons, évanescent. En fait, ce vin serait presque insipide, si ce n’était de cette forte amertume en arrière-goût, persistante et loin d’être agréable. « Fruité et léger » disait la stupide pastille de goût SAQ. Léger, d’accord. Fruité, très peu, merci. Y a-t-il une pastille de goût pour « jus de fruit dilué avec un fort arrière-goût vineux » ? Dans le cas de ce vin, me suis-je dit, la modération a effectivement bien meilleur goût.

À chaque année, je me dis qu’on ne m’y reprendra plus. Vous voulez boire léger parce que c’est l’été et que c’est l’heure de l’apéro? Pour le même prix, combiens de sympathiques blancs pourriez-vous goûter en lieu et place de ces rosés insipides! La plupart des rosés me semblent tout simplement trop chers pour ce qu’ils offrent. Faites-vous plaisir : pour 1 ou 2$ de plus, optez donc par exemple pour un chardonnay d’Afrique du Sud ou un petit vin alsacien d’entrée de gamme, qui fera des merveilles à l’apéro? Les chroniqueurs en vin ont toujours de bons mots pour le rosé, nous recommandant de le servir bien froid, le décrivant comme un vin de soif, rafraîchissant, etc. À ce compte, pourquoi ne pas vous ouvrir une bonne bière, tout aussi rafraîchissante, qui vous soulera moins, qui aura du goût et une bonne amertume, par exemple, l’excellente et délicieusement amère St-Ambroise blonde de la brasserie McAuslan ou une rafraîchissante bière blanche de n’importe quelle micro-brasserie québécoise?

J’admets que le vin rosé a son rôle à jouer dans l’univers œnologique. Dans le sud de la France, on peut s’acheter en vrac chez le vigneron un petit rosé à 1 euro le litre. Dans ce contexte, je comprends très bien qu’on s’en tape quelques verres à l’apéro sur la terrasse, entre amis. Mais le Québec n’est pas la Provence. Le modèle de tarification de la SAQ fait en sorte que ces vins modestes et bons marché deviennent non compétitifs une fois sur les tablettes des succursales de notre monopole favori. À 13$ la bouteille, il n’y a plus aucune raison d’acheter ces vins rosés, sauf peut-être pour l’effet assez joli d’un liquide rose et transparent dans une coupe.

Mais pour ça, on peut toujours se préparer un kir, n’est-ce pas?

mardi 31 mai 2011

MBCo


En principe, le concept du sandwich est fort simple car il consiste à placer des aliments, en général froids, entre deux tranches de pain. Il semblerait toutefois qu'il n'ait vu le jour qu'au XIII ème siècle, alors qu'il a été inventé par le cuisinier de John Montagu, comte de Sandwich et ce, afin de lui permettre de manger tout en continuant à travailler. Depuis, ce plat se décline de mille et une façons et ce, en fusionnant diverses origines ethniques, son appellation dorénavant générique englobant les wraps, quesadillas et autres bagels.

Le sandwich constitue également un symbole de l'époque où on vit, alors que le temps passé à se sustenter, empiétant sur les heures productives, doit être le plus court possible. Les conditions sont donc réunies pour faire en sorte que le sandwich règne en maître sur ce repas qui est pris en plein milieu de la journée de travail.

Il y eut une époque pas si lointaine où les sandwiches se présentaient en un seul format beige, soit un ou plusieurs aliments (jambon, fromage, poulet, etc.) coincés entre deux tranches de pain blanc. Heureusement, cette époque est révolue ! Maintenant, grâce à des restaurants comme MBCo, le sandwich explore de nouvelles voies savoureuses.

Cet établissement, spécialisé dans le repas du travailleur pressé (lire : le sandwich et son éternel acolyte, la salade ou la soupe), offre une liste intéressante de quelques variations de ce mets souvent négligé du point de vue de la créativité. Les prix des sandwiches offerts varient de 4,99$ pour un simple, mais délicieux sandwich rôti aux 3 fromages à 12,99$, pour le très bon quesadilla au homard et crevettes. À cela, vous pouvez ajouter une petite salade ou la soupe du jour pour 1,99$. J'ai eu l'occasion de goûter à quelques unes de leurs créations, dont le sandwich champignons sauvages et fromage de chèvre, ainsi qu'au bagel au saumon fumé "classique", et je les ai trouvés délicieux.

En bref, MBCo est une bonne adresse pour gens affairés qui désirent tout de même bien manger.

Évaluation : ***
Prix : Compter entre 15$ et 20$ par personne
Info supplémentaire : Il existe trois succursales dans la région de Montréal : au Complexe Desjardins, au centre-ville sur la rue Stanley ainsi qu'à l'aéroport P.E.T.

MBCo
1221 boul. René-Lévesque Ouest
Montréal
514.995.9993

jeudi 19 mai 2011

Zenya



Les restaurants offrant de bons plats à bons prix, et à plus forte raison, les établissements asiatiques, ne sont pas légion dans ce secteur du centre-ville qui est situé à l'ouest du Quartier des Spectacles et à l'est du magasin La Baie. Dans ce contexte, Zenya ressort clairement du lot. Ici, la bouffe est bonne et le service, empressé. La salle présente un décor épuré et zen, typiquement japonais, mais il fait un peu sombre dans la place. Cet état de fait, qui a probablement peu d'impact dans le cadre d'un repas du soir, présente selon moi un léger désagrément à l'occasion du lunch. À moins, bien entendu, que vous ne teniez pas tant que ça à distinguer précisément tous les traits du visage de votre compagnon... Mais ça, c'est une autre histoire. Un autre fait qui est digne de mention est que l'emplacement du resto est pour le moins ingrat, étant situé au deuxième étage d'un édifice alors que l'enseigne est plutôt discrète. Bref, ceux qui sont là n'y sont certainement pas par hasard ! Ce qui est bon signe car l'endroit se remplit à tous les midis.

Je me considère comme une habituée de cet établissement. J'ai même eu l'occasion à plusieurs reprises de le faire découvrir à d'autres personnes, qui l'ont apprécié à leur tour. À chacune de mes visites, je choisis systématiquement le Bento box, un assortiment de diverses spécialités comprenant notamment des sushis, des crevettes et des légumes tempura, deux variétés de dumplings dont le nom m'échappe ainsi que du poulet et des légumes teriyaki. Noter qu'à votre convenance, le poulet peut céder sa place au boeuf ou au saumon. Le Bento box est précédé d'office par une salade et une soupe miso. La salade maison, minimaliste car faite à base de laitue Iceberg et de quelques crudités épars, est correcte mais la soupe miso est très bonne. Le tout est complété par un petit dessert, généralement une crème glacée ou un sorbet. Pas mal pour 18,95$ !

Un petit bémol toutefois : je ne suis pas friande de leurs sushis qui m'apparaissent comme étant un point faible. Toutefois, leurs mets tempura sont délicieux.

Pour conclure, je dirai simplement que cet établissement est mal situé et difficile à trouver, mais une fois que vous l'aurez déniché, il a fort à parier que vous voudrez y retourner.

Évaluation : ***
Prix : Le midi, compter entre 15 et 20$ par personne avant vin, taxes et service.

Zenya
486 Sainte-Catherine Ouest, 2ème étage
Montréal
514.904.1363

mardi 3 mai 2011

Mysore



En ce qui me concerne, le bonheur est simple et se manifeste par l'entremise d’une pléiade de petites choses à prime abord insignifiantes, telles que notamment, trouver un billet de 5$ sur le trottoir, constater que les souliers qu’on lorgnait depuis quelques jours sont soldés à 60% ou apprendre qu’on habite dans le périmètre de livraison d’un bon resto indien. En effet, comme il est agréable de savoir qu'on peut se faire livrer autre chose que le sempiternel poulet BBQ ou la non moins omniprésente pizza ! D'ailleurs, à ce propos, je trouve que les lois du progrès sont quelque peu nébuleuses, car enfin, comment se fait-il en 2011, alors que l'Homme est allé sur la Lune en 1969, que nous sommes encore invariablement confrontés au banal trio poulet-pizza-chinois lorsque vient le temps de faire livrer de la bonne bouffe à la maison !?!

Mais trêve d'ellipse. Il y a quelques mois déjà, mon indice de bonheur est donc monté d’un cran lorsque j'ai appris que le resto indien Mysore situé sur le boulevard Saint-Laurent près de Rachel, effectuait la livraison. Depuis cette heureuse découverte, nous nous prévalons régulièrement de ce privilège alors que nous faisons livrer de délicieux repas indiens à la maison le vendredi ou le samedi soir.

L'établissement offre une multitude de plats typiques tels que le poulet au beurre et le poulet tandoori, des classiques. La carte offre également plusieurs variétés de caris de légumes, d'agneau, de boeuf, de crevettes et de poisson. Pour notre part, nous aimons tout particulièrement le poulet dansak, un cari aigre et piquant, préparé avec des lentilles et légèrement sucré, le bhaji aux champignons, le bhaji aux légumes, le riz palao et le pain nan. À chaque fois, nous sommes ravis... et repus !

Pour ceux qui ne peuvent se prévaloir de la chance que nous avons de pouvoir faire livrer à la maison les spécialités de Mysore, sachez qu'il est évidemment possible de manger sur place et que la salle à manger est spacieuse et accueillante. De plus, fait important à noter, le stationnement est gratuit après 17:00.

Évaluation : ***
Prix : Compter environ 20$ à 25$ par personne avant vin (ou bière ?), taxes et service.
Autres informations : Mysore a ouvert récemment une succursale à Brossard, au 8200 boul. Taschereau, où la livraison est également offerte.

Mysore
4216, boul. St-Laurent
Montréal
H2W 1Z3
514.844.4733