samedi 28 décembre 2013

Une chocolatine illico presto !



Ah ! Le cocooning... Ce terme désigne la recherche de confort et de sécurité, la maison constituant le territoire privilégié de cette quête. Cette tendance requière toutefois d'avoir la possibilité d'accomplir un certain nombre de choses de première nécessité sans devoir mettre le nez dehors, comme par exemple, magasiner un presse-sandwich.

Ainsi donc, je crois que je ne m'avance pas trop en affirmant que le cocooning est un luxe que nos lointains ancêtres, les hommes de Cro-Magnon, ne pouvaient pas se payer. En effet, pas question de se terrer à la caverne un vendredi soir après une dure et longue semaine de chasse et de cueillette, et de décréter qu'on se fera livrer un steak de mammouth. Oh que non ! Le steak de mammouth n'était tout simplement pas un item qui apparaissait sur les menus de livraison à domicile de l'époque. Il fallait donc sortir le chasser soi-même.

Le nec plus ultra en matière de cocooning ? Se lever un dimanche matin avec la furieuse envie de manger une chocolatine bien dorée et bien chaude et satisfaire ce désir sans devoir passer le pas de la porte de la maison. C'est maintenant possible avec les nouveaux produits de la gamme Harwood 189 de Première Moisson. Cette nouvelle étiquette gourmande regroupe en effet des mini viennoiseries, en l'occurrence des mini croissants, mini chocolatines et mini pains aux raisins, à cuire à la maison. Ces petites gourmandises feuilletées sont faites à partir d'ingrédients tout ce qu'il y a de plus identifiables, notamment de farine non traitée et non blanchie, de chocolat noir et de crème pâtissière à la vanille et au rhum.

On propose deux méthodes de cuissons: l'une consiste à les faire passer directement du congélateur au four et de les cuire de 25 à 30 minutes. L'autre, de les laisser d'abord reposer 30 minutes avant de les enfourner. Nous recommandons la deuxième méthode, qui donne de meilleurs résultats.

Ayant reçu à titre gracieux une boîte de chacune de ces petites douceurs, nous avons pu tenter l'expérience à la maison et le résultat est concluant : c'est bon, c'est feuilleté et c'est délicieux. Ma préférence va bien entendu aux mini chocolatines, mais les mini croissants sont également très bons.

À 5,19 $ pour une boîte de 8 (prix de détail suggéré), les mini chocolatines et les mini pains aux raisins reviennent à un peu moins de 65¢ l'unité. Quant à eux, à 4,69$ la boite de 10, les mini croissants coûtent environ 47¢ l'unité.

Malgré que ces gâteries soient petites et qu'il faille généralement en manger au moins deux pour satisfaire l'appétit de la gourmande moyenne, je vous invite à faire le calcul : à 1,35$ le duo, je parie que si l'envie vous prend de manger des chocolatines un dimanche matin, alors vous opterez pour l'attrayante option offerte par Première Moisson plutôt que de sortir braver le froid hivernal.

jeudi 21 novembre 2013

Des muffins aux légumes?

Des muffins aux légume? Vous voulez rire?

Croyez-vous à l’existence du Yéti? Au phénomène de combustion spontanée? Aux intraterrestres?

Moi non plus.

Il y a des trucs comme ça auxquels on ne croit pas avant de les avoir vus de nos propres yeux. Ou touchés de nos propres mains. Ou goûtés de nos propres papilles. Comme si le témoignage d'une tierce personne, fut-elle notre meilleur ami, ne suffisait pas à nous convaincre...

J'imagine que l'explication de ce phénomène se trouve quelque part enfoui dans nos gènes. Comme un genre de réflexe qui a jadis contribué à la survie de notre espèce somme toute assez fragile.

Pour illustrer cette hypothèse, imaginons un peu le gars, un Cro-Magnon tout à fait de son temps, qui se fait dire par un de ses bons chums: « Hé man! J'ai vu un tigre l'autre jour, il avait de ces canines mon gars, je te jure, aussi longues que mon avant-bras!
— Nan, de répondre le sceptique Homo sapiens, pas possible!
— Mais j’te l'dis, de rétorquer l'autre.
— Je le croirai lorsque je le verrai de mes propres yeux! », de répondre notre gars, incrédule... Bon, vous voyez bien que ça ne date pas d'hier!

Dans le même ordre d’idées, je pense que vous ne me croirez probablement pas si je vous dis que j'ai essayé une recette de muffins aux légumes qui se révèlent être délicieux. « Nan, pas possible! », me répondrez-vous... Ce à quoi je rétorquerai: « Essayez-les, vous verrez bien! »

La recette mise en ligne sur le site de Cuisine futée, parents pressés est disponible ici. Ces muffins de blé entier, élaborés à partir de courge, de patate douce et de carotte comportent peu de sucre et de gras, en plus d'avoir un apport en fibres appréciable (pour une version encore plus santé, couper de moitié la quantité de cassonade). De plus, les différentes épices utilisées dans le mélange leur confèrent une petite twist fort agréable. Des muffins santé donc, et délicieux par surcroît.

Qui a dit qu’un petit-déjeuner santé devait nécessairement être un repas plate?

(Note: photo tirée du site Cuisine futée, parents pressés.)

samedi 2 novembre 2013

À la recherche de la machine à café idéale



Je partageais ici avec vous il y a plus de trois ans mes réflexions sur le système Nespresso. J'avais alors reçu une machine Nespresso en cadeau et je découvrais les joies de l'espresso allongé du matin de semaine qu'on boit à la maison, par opposition au gros café industriel acheté sur le chemin du bureau.

Depuis, bien de l'eau a coulé sous les ponts et bien du café dans les tasses. Ma machine, toujours en bon état, m'a rendu de fiers services. Malgré tout, il y a quelques mois j'ai décidé de passer à autre chose.

Peut-être cela pourra-t-il vous aider à faire vos propres choix? Voici le récit du processus ayant mené à l'acquisition de ma nouvelle machine. Je vous encourage aussi à jeter un œil au test comparatif de machines à cafés que le magazine de consommation Protégez-vous a publié récemment.

Nespresso: post-mortem


Réglons d'abord le cas de ma machine Nespresso.

De plus en plus, les capsules (alias dosettes) ont la cote. Nespresso, Keurig, Tassimo: que ce soit pour préparer le café espresso, le café filtre, voire le thé ou la soupe (?!), le marteking est soutenu, on nous vante le côté pratique, en oubliant souvent la question pourtant cruciale du goût.

Bientôt disponible: le boeuf bourguignon en capsule

Après trois ans à utiliser Nespresso, j'ai décidé que j'en avais simplement assez. Pourquoi donc? En guise de réponse, voici une petite analyse des avantages et inconvénients du système selon mon expérience.

Les avantages:
  • Coût raisonnable d'acquisition des machines d'entrée de gamme (200$).
  • Rapide et propre: c'est comme avoir une distributrice à café à la maison.
Les inconvénients:
  • Le prix des capsules: 68¢ à 72¢ l'unité, taxe et frais d'expédition en sus.
  • Le résultat très moyen des capsules en format espresso allongé (alias lungo) de 110 ml. Le café est correct, mais un peu fade. Il manque d'arôme et la crema ressemble à de la mousse. L'espresso standard de 40 ml est mieux, mais plutôt chiche. J'ai finalement découvert qu'à mon goût, l'idéal est de faire un double espresso avec deux capsules, mais à 2 x 68¢ = 1,36$ (sans compter les taxes et frais d'expédition), ça commence à faire cher.
  • Un système foncièrement peu respectueux de l'environnement: beaucoup de matériel et de déchets pour une petite tasse de café.
  • Un enrobage marketing péteux de broue au goût douteux (le Nespresso Club, les grands crus, Penelope Cruz en robe de soirée qui minaude, etc.), comme j'en parlais dans mon billet sur le sujet.

Bref, j'en avais marre de faire venir des capsules à coup de commandes de 100$ et de boire des cafés ayant à peu près toujours le même goût. Exit les capsules, il était temps de revenir au vrai café, fait de grains fraîchement moulus.

Quelle est donc la machine à café idéale?


Comme pour n'importe quel achat, il n'y a pas d'absolu, pas de critères parfaitement objectifs, contrairement à ce que pourrait le laisser croire les magazines de consommation du genre Protégez-vous. Au-delà des considérations cartésiennes et techniques, chaque consommateur a ses besoins propres et ses préférences, y compris des choses totalement subjectives et n'ayant rien à voir avec une grille d'analyse. (J'ajouterais: …et c'est un gars au caractère hyper analytique qui vous le dit).

Après plusieurs semaines de recherche sur le Web, j'ai donc opté pour une machine manuelle. C'est tout un changement pour quelqu'un qui utilisait une machine à capsules, totalement automatique par définition, mais c'est également conséquent avec l'évolution de mes besoins.

D'accord, j'ai considéré un moment l'achat d'une machine automatique. Vous savez, ces machines comportant trois réservoirs, un pour l'eau, un pour les grains de café et un troisième pour le lait, et qui produisent des cafés de tous styles sur simple pression d'un bouton. Mes recherches m'ont permis conclure que ces machines ne sont pas pour moi: elles sont plus chères, plus grosses, leur mécanique de précision et leurs multiples fonctions impliquent qu'elles sont davantage sensibles aux bris. Elles sont aussi réputées requérir plus d'entretien et être moins durables.

Au bout du compte, ces recherches préliminaires m'auront permis de mieux préciser mes besoins. Voici les principaux critères qui ont ensuite guidé mon magasinage: la machine de mes rêves serait manuelle, robuste, petite (en hauteur et en espace sur le comptoir), pas trop chère (maximum environ 500$), sans gadget qui brisent, sans trop de plastique.

Recherches, blogues et fétichisme


Mes recherches sur le web m'ont permis de constater encore une fois que, peu importe le sujet, il y aura des passionnés qui se regrouperont sur le Web dans des forums et des blogues pour échanger sur leur sujet de prédilection, à discuter de trucs hyper-pointus, en faisant une fixation maniaque pour les détails les plus farfelus. Tout cela tourne carrément au fétichisme et baigne souvent dans une espèce de mythologie plus ou moins ésotérique.

Un exemple. Je m'adonne à la course à pied et je n'en reviens pas de tous ces articles de blogue sur des techniques d'hydratation complexes, la lubie de la course pieds nus, les discussions à n'en plus finir sur l'alimentation, la façon de poser le pied par terre lors de la foulée, etc. Des sujets tellement spécialisés qu'ils ne concernent même pas 99% des coureurs, y compris les marathoniens ordinaires (dont je ne fais même pas partie, ou en tout cas à moitié).

On constatera sans doute le même phénomène pour chaque sport, pour l'œnologie, pour les automobiles, la philatélie, le scrapbooking, et toutes ces activités auxquelles s'adonnent les humains dans leur temps libre et pouvant faire l'objet d'une passion. (Je me permets d'ajouter que les blogues de bouffe et autres repaires de foodies ne font pas exception en matière d'exagération.)

Pour le café, les blogues de maniaques permettent de lire des pages et des pages d'analyses obsessives sur des sujets tels la température idéale du café, la finesse de la mouture, la qualité de l'outil qu'on utilise pour compresser le café dans le filtre, la pression appliquée à l'aide dudit machin, la densité et la couleur de la crema, etc. La communauté des baristas amateurs ne manque pas d'imagination et, ajouterai-je, semble avoir pas mal de temps à perdre. Faisant le tri dans cette masse d'information, assimilant tout ça, j'en suis surtout venu à la conclusion que je ne me prendrais jamais pour un barista et que mon besoin se limitait essentiellement à faire un bon petit café sans y mettre trop de temps et d'effort.

Cependant, au fil de mes lectures, je me rendis compte qu'une machine manuelle sortait du lot et se voyait régulièrement décernée par les amateurs le titre de machine à café mythique: la Rancilio Silvia. Il faudra bien que j'aille la voir, celle-là.

Cette machine à café fait l'objet d'une véritable culte

Magasinage


Une fois mes besoins de base définis – petite, manuelle, pas trop chère – et ayant la chance d'habiter Montréal, je me suis tourné vers trois détaillants spécialisés ayant pignon sur rue dans cette ville. Comme par hasard (hum, hum), ces trois détaillants se trouvent dans la Petite Italie. Il y a sûrement d'autres bonnes boutiques à Montréal, mais voici celles que j'ai visitées: Café UnionEspresso MaliFaema.

Ces visites m'ont permis de voir et toucher les appareils et de demander conseil aux vendeurs. C'est à cette étape que l'analyse objective se complète d'un aspect subjectif et personnel (design, qualité et solidité apparente, ergonomie, avis du vendeur, etc.) qui est à mon avis essentiel dans tout achat.

J'ai vaguement hésité à me procurer la fameuse Rancilio Silvia, motivé par les critiques dithyrambique et l'espèce de culte qu'on lui voue sur les blogues spécialisés, mais me suis vite raisonné. Selon mes besoins, cette machine s'avérait un peu trop chère, un peu trop grosse, réputée pour prendre pas mal de temps à se réchauffer et difficile à maîtriser.

Mon choix s'est donc porté sur la Quick Mill 0820, modèle d'entrée de gamme de la marque (italienne malgré son nom anglais), qui propose aussi une gamme de machines commerciales. J'aime bien son look rétro des années 70, qui a fière allure sur mon comptoir de cuisine.

 J'ai finalement jeté mon dévolu sur ce petit bolide

Conclusion


J'en conviens, j'ai payé cher pour une machine à la mécanique somme toute assez simple et à la carrosserie faite en partie en plastique. En général, les machines à café me semblent plutôt coûteuses pour ce qu'elles sont : une pompe, un chauffe-eau et de l'enrobage. Je n'ose même pas imaginer la marge de profit que se gardent ces détaillants spécialisés de la Petite Italie. Mais j'ai à peine dépassé mon budget et après quelques mois d'utilisation, je ne suis pas déçu de mon achat. Combiné à mon vieux moulin à meule Braun, que j'utilise à la position de mouture la plus fine, j'obtiens des doubles espressos pas mal du tout, à la crema très correcte et sans trop de taponnage.

Cette aventure de magasinage m'aura permis de découvrir que si jamais je veux devenir ceinture noire en café, il existe des dizaines de blogues pleins de Ti-Jos-Connaissants qui ne demandent pas mieux de partager leur science. En attendant, j'apprécie ma dose quotidienne et matinale d'espresso frais. Bon débarras, Nespresso!

[Note: toutes les images ont été piquées ici ou là dans le Web...]

dimanche 25 août 2013

Directement de Chine: les Black and White Burgers

Notre correspondant à Pékin nous rapporte un scoop au sujet du menu offert par McDonald's en Chine.

On les sait, les chimistes de la multinationale de la restauration industrielle rapide ne cessent de créer de nouvelles recettes pour les différents marchés locaux. En Chine, ça donne les Black and White Burgers, qu'on peut voir sur cette publicité, flanqué d'un personnage affublé d'une tenue des plus ridicule.

(Photo Julien Pineault)

Hambuger s'écrit en Chine Hanbaobao et se prononce Hanbobo. Ces Black and White hanbobos sont donc vendus par paire. Le noir étant au bœuf et le blanc au poulet. Dans les deux cas, ils sont garnis de salade et d'une sauce rose au chipotle. Seuls, ils coûtent 17 Yuans (environ 3$).

Notre correspondant a goûté la chose pour nous. Il résume ses impressions comme suit: « Verdict: pas bon. »

dimanche 28 juillet 2013

Le Comptoir Charcuteries et vin



Au resto, j'aime prendre place au comptoir, cette position me permettant d'avoir une vue imprenable sur l'activité incessante de la ruche qui s'active en arrière-scène, cet incroyable ballet synchronisé des serveurs et des cuistots. Un banc au comptoir, en plus de donner l'impression d'être au-dessus de la mêlée et d'avoir accès à des informations privilégiées, insuffle un je-ne-sais-quoi de vachement convivial à l'expérience.

Une autre raison de prendre place au comptoir ? Côtoyer des vedettes dans la plus grande désinvolture. Comme cette fois où j'étais assise à côté de James Hyndman au comptoir du Casa Tapas et où il m'ignorait superbement. Il a continué de m'ignorer même après que j'eus renversé mon gaspacho sur ses pantalons blancs. Idem lorsque j'ai feint une crise d'épilepsie. Ou lorsque j'ai chanté la tyrolienne, debout sur mon banc avec un abat-jour sur la tête... Ben non ! C'est une blague ! C'est vrai que je prenais place au comptoir avec James Hyndman, mais il y avait une personne assise entre nous et je n'ai pas tenté d'attirer son attention (j'ai tout de même un minimum de classe !). En réalité, c'est moi qui l'ai ignoré superbement. D'ailleurs, le pauvre, je ne crois pas qu'il s'en soit remis.

Au restaurant Le Comptoir Charcuteries et vin, cette partie du mobilier trône en roi, occupant même une bonne partie de l'espace où murs à la brique et tables et chaises en bois complètent le décor.
L'ardoise offre plusieurs items qui semblent tous très prometteurs, mais nous finissons par faire un choix, forcément douloureux car il faut bien se résoudre au fait que nous ne pourrons pas tout essayer. Petite parenthèse : mes papilles aimeraient bien qu'un jour il soit possible de greffer une annexe à un estomac de format nano (comme le mien, genre) et ce, histoire de doubler la capacité de stockage dudit micro organe pour ainsi augmenter substantiellement leur potentiel de plaisir. Oui, je sais : mes papilles sont tout ce qu'il y a de plus égoïstes...

Notre choix s'arrêtera donc sur notamment, le plateau de charcuteries du Comptoir, un bel assortiment de leurs cochonnailles maison que nous attaquons avec enthousiasme. Elles sont servies avec moutarde, croûtons et cornichons, et franchement, elles sont toutes délicieuses. La suite de notre repas sera constituée du plat de noix de ris de veau laqué, accompagné de salade de pois verts, oignon blond, guanciale et roquette à la crème. L'abat est tendre et juteux, avec ce petit croustillant à la surface qui est si agréable sous la dent. Les pois verts ajoutent une note de fraîcheur à l'ensemble et le guanciale, genre de bacon italien non fumé, insuffle du caractère au plat. La tarte de homard arrive ensuite. Assurément un de mes coups de coeur. L'oignon blond, la tomate confite, l'estragon, la crème fraîche et la roquette forment un ensemble extrêmement harmonieux, avec une pointe d'acidulé et de douceur très agréable, le tout faisant une belle place au crustacé, mais sans lui damer le pion. La suite est assurée par la morue poêlée, accompagnée de mousseline de fenouil et pommes de terre, palourdes et peperone. Le poisson est moelleux et on devine que l'ultime seconde qu'il a passée dans la mer est récente. Le mariage avec le peperone, l'échalote marinée et l'huile de paprika fumé est réussi, tandis que la mousseline de fenouil et pommes de terre et les palourdes complètent l'assiette avec bonheur. Délicieux. Le repas sera clos par la terrine de chocolat Abinao avec poire pochée au vin rouge, meringue et caramel de marsala. Ce dessert constitue le seul bémol que je pourrais émettre en ce qui concerne le repas et ce, principalement à cause de la poire au vin rouge qui selon moi, occulte la pâtisserie chocolatée. Notons toutefois qu'il s'agit d'un avis absolument subjectif et que par ailleurs, la terrine en soi était absolument délicieuse.

Ceci étant dit, la prestation à laquelle nous avons eu droit ce soir au Comptoir nous a convaincu de revenir. Et le plus tôt sera le mieux.

Évaluation : ****
Prix : Compter environ 40$ par personne avant vin, taxes et service
Le Comptoir
4807, boul. Saint-Laurent
Montréal, H2T 1R6
514.844.8467

jeudi 13 juin 2013

Barre Go Pure de Leclerc


L'ai-je trouvée ? Je veux dire, l'objet de ma quête (bon, ok, l'une de mes incessantes quêtes...) d'une barre de céréales commerciale, relativement bonne pour la santé (ou à tout le moins, pas nocive !), avec une liste d'ingrédients qui n'est pas écrite en klingon et que toute personne ayant réussi sa première année peut lire sans buter sur une syllabe sur deux ? Qui plus est, une barre qui ne contient pas trop de sucre, pas trop de sel, faible en gras saturés et offrant suffisamment de protéines et de fibres ? Fabriquée en utilisant des ingrédients naturels et de qualité ? Et bonne au goût ?

La réponse est : peut-être. En effet, suite à ma récente déconvenue provoquée par la découverte de la présence d'arsenic à des taux non négligeables, voire plutôt inquiétants, dans le sirop de riz brun qui entre dans la composition de plusieurs barres de céréales, notamment les barres tendres Kashi, j'avoue que je me fais plus prudente.

Leclerc a donc ravivé dernièrement mes espoirs les plus fous en sortant sur le marché sa toute nouvelle gamme de barres collation Go Pure et ce, suite à son acquisition de la marque américaine Go Pure Foods en décembre 2011. Cette gamme qui a la prétention d'allier ingrédients naturels, grains anciens et goût délicieux, comprend les barres Grains anciens et Fruits et grains. Ceux qui me connaissent un tant soit peu, c'est à dire, n'importe qui ayant lu un de mes billets et/ou m'ayant déjà entr'aperçue l'espace de quelques secondes et ce, quel que soit le contexte, sait que je suis une fan finie du chocolat noir. Or, devinez quoi ? La ligne Grains anciens offre une barre Chocolat noir maya. Si si !

Note au lecteur : Je vivrai peut-être un an ou deux de moins à cause de mon goût immodéré du chocolat noir (parce que trop, c'est comme pas assez), mais sur mon lit de mort (à 95 ans, parce que heurtée par une voiture conduite par une épouse jalouse, alors que je faisais mon jogging), même là, je gage que j'aurai une petite pensée émue pour tous ces instants fugaces (mais si nombreux !) de bonheur que m'auront apportés cette fève bénie des Dieux.

Donc, n'écoutant que mon sens du devoir, ainsi que mon estomac, je l'ai essayé. Ô ravissement ! Cette barre est délicieuse, alliant le goût riche du chocolat noir à une pointe d'épices fort agréable. De plus, cette savoureuse collation contient 2 g de fibres et 4 g de protéines par portion, la rendant également intéressante point de vue nutritionnel. Enfin, la barre Go Pure Chocolat noir maya contient 4,5 g de gras (dont 1 g de gras saturés) et 8 g de sucre, quantités ne dépassant pas la limite qu'une portion devrait contenir, soit 1 g de gras saturés et 10 g de sucre. Tout cela, ainsi que son goût agréable, font de cette barre un choix plutôt attrayant au rayon des barres de céréales du commerce.

Ça y est, ma quête est (presque) terminée...  pour le moment !

vendredi 31 mai 2013

Cuisine futée, parents pressés

Connaissez-vous cette émission de télé présentée à Télé-Québec le mardi à 19 h 30 (en rediffusion le jeudi et dimanche 15 h) ? Je l'ai découverte un peu par hasard, alors que je faisais mon jogging. Là, circonspect comme vous l'êtes, vous vous demandez sûrement et avec raison, dans quelles circonstances étranges peut-on écouter la télé en faisant du jogging ? La clé de cette nébuleuse énigme se trouve dans deux mots : tapis roulant. Ainsi donc, pendant que mes jambes foulent le tapis à un rythme effréné et que mon coeur pompe comme un fou, j'occupe mes pensées (qui n'ont visiblement rien de mieux à faire durant ce temps-là) en regardant la télé, cette activité parallèle me donnant en prime la gratifiante et nette impression de me distinguer du hamster dans sa roulette. Mais puisque l'appareil installé devant mon tapis roulant ne capte que les ondes qui se propagent par la voie des airs et daignant bien toucher notre antenne, mes seuls choix possibles sont Radio-Canada, TVA, V, CBC, CTV et Télé-Québec. Ce qui laisse peu ou prou de latitude lorsqu'on veut se distraire l'esprit pendant que le corps fait tout le travail.

Or, il y a quelques semaines, je suis tombée sur cette agréable émission de télé pilotée par la sympathique Alexandra Diaz et la souriante Geneviève O’Gleman, nutritionniste. Avertissement : l'émission Cuisine futée, parents pressés ne contient ni chefs aux bras tatoués, ni propriétaires de resto faisant du rabattage pour augmenter la clientèle, ni vedettes venant ploguer un quelconque événement, ni recettes soi-disant simples, mais qui se bouclent en 18 étapes faciles et qui requièrent 32 ingrédients dont certains se dénichent seulement dans de rares épiceries fines. Non. Seulement des recettes simplissimes, rapides et nutritives, et qui sont par surcroît, présentées de manière conviviale par les deux avenantes acolytes Geneviève et Alexandra. Autrement dit, le genre de recettes qu'on peut exécuter un mardi soir en revenant du travail, en deux temps, trois mouvements - et quatre ingrédients !, tout en ayant la satisfaction de manger quelque chose qui est bon pour la santé et bon au goût.

Cette émission, de par son titre, semble s'adresser principalement aux parents pressés, mais pour ma part, je la rebaptiserais « Cuisine futée, gens pressés » car nul besoin d'être un parent pour l'apprécier !


dimanche 31 mars 2013

Des rillettes de maquereau fumé

(Photo tirée du site http://www.atkinsetfreres.com)

Au hasard de mes pérégrinations dans le web, je suis tombé un jour sur cet article du Gardian intitulé How to make perfect smoked mackerel pâté. L'auteure y fait l'analyse de diverses variantes de rillettes (ou tartinade) de maquereau et termine avec sa recette préférée. (Si vous pouvez lire l'anglais, je vous en recommande la lecture). J'ai gardé l'article dans mes signets un bon moment avant d'enfin me décider à essayer la fameuse recette dite parfaite. C'est maintenant chose faite et, ma foi, le résultat est très bon et très rapide à réaliser.

Le poisson, dit-on, est bon pour la santé. Par contre, choisir son poisson en fonction de critères écologiques est de plus en plus compliqué, comme nous en parlions dans un précédent article. Le maquereau est une vedette tant du point de vue de la diététique (source de ces fameux oméga-3) que de la gestion des stocks (espèce pas du tout menacée) et de la proximité de l'approvisionnement (on le pèche dans l'estuaire du Saint-Laurent). Vous pourrez donc réaliser cette recette la conscience tranquille.

Voici donc une adaptation de cette recette, en fonction des ingrédients et des proportions que j'ai utilisés.

Ingrédients:

  • 2 filets de maquereau fumés à chaud.
  • 100 g de fromage à la crème.
  • 60 ml de crème fraîche (je gage que de la crème sûre ou du yogourt feraient tout aussi bien l'affaire).
  • 2 généreuses c. à thé de moutarde Dijon (remplace une quantité équivalente de raifort que je n'avais pas dans le frigo).
  • Environ 2 c. à soupe de jus de citron (ou plus, au goût).
  • Environ 2 c. à soupe d'aneth finement hachée (vous pouvez en mettre davantage; personnellement, je voulais que le goût de l'aneth demeure très subtil).
  • Poivre du moulin.

Préparation:
  1. Retirer la peau des filets de maquereau. Mettre les trois quarts du poisson dans un mélangeur et réserver le reste. Ajouter dans le mélangeur le fromage, la crème fraîche et la moutarde. Mélanger jusqu'à consistance lisse.
  2. Hacher grossièrement la portion de poisson réservée et l'incorporer au mélange, ainsi que le jus de citron et l'aneth. Poivrer généreusement. Si le cœur vous en dit, ajouter une pincée ou deux de poivre de Cayenne (ou de piment d'Espelette, etc.).
Donne environ 2 tasses (désolé, je n'ai pas mesuré). Si vous avez le temps de réfrigérer deux heures avant de servir, la texture sera plus ferme et idéale pour tartiner.

(Photo tirée du site du Gardian - http://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/wordofmouth)

Servir sur des biscottes. Excellent comme hors-d'œuvre à l'apéro, ou au brunch, accompagné de salades froides, par exemple des asperges vinaigrette et une salade de betteraves à l'aneth.

(Note: La prochaine fois, question d'obtenir une texture moins lisse et un peu plus rillettes, j'essaierai de mettre un peu moins de fromage et de crème fraîche, tout en augmentant la proportion du poisson à incorporer au mélange.)

Le résultat est-il, tel que promis, parfait? Sans doute pas. Mais une chose est sûre: il est très satisfaisant compte tenu de l'effort minime déployé!

jeudi 28 mars 2013

Un pain aux bananes sans sucre

J'étais sceptique. Je l'avoue. Quoi ? Un pain aux bananes sans sucre et qui est délicieux et moelleux ? Nan ! Pas possible. En fait, vous auriez plus de chance de me convaincre en affirmant haut et fort et sans sourciller que les croustilles saveur « all dressed » possèdent des vertus curatives anti-cancer (mon rêve !). Ou bien alors que manger une portion quotidienne de frites garantit une santé cardiovasculaire digne d'un marathonien. Mais un pain aux bananes non sucré qui est au minimum mangeable ? Soyons sérieux !


Bref, mon amie qui avait évoqué l'existence de ce truc forcément issu d'un monde imaginaire, en avait apporté un exemplaire au chalet cette fin de semaine-là et m'offrait d'y gouter. Je m'exécutai donc, tant par curiosité que par politesse. Quel ne fut pas ma surprise ! Mon scepticisme, tellement représentatif de ma fibre 100% scientifique fut alors joyeusement confondu (du-du). Ce pain était incroyablement savoureux et la texture, moelleuse à souhait. Et ce bon goût de bananes et de chocolat qui n'est pas plombé par une tonne de sucre ? Oui je le veux !

Ingrédients
  • 3 bananes bien mûres
  • ¼ tasse de beurre fondu ou d'huile de canola
  • 1 œuf légèrement battu
  • 1½ tasse de farine
  • 1 c. à thé bicarbonate de soude
  • 1 tasse de brisures de chocolat mi-sucré *
  • ½ tasse de noix de Grenoble (facultatif)
* Les plus malins d'entre vous auront remarqué que la recette fait intervenir des brisures de chocolat mi-sucré, ce qui semble aller à l'encontre de l'appellation "sans sucre" de la recette. Vous avez vu juste. Toutefois, l'absence totale de sucre serait impossible puisque les bananes sont naturellement sucrées. Mais avouez tout de même que la quantité de sucre raffiné qui entre dans cette recette est plus que raisonnable !
  
Préparation
  • Allumer le four à 350 F.
  • Dans un bol, mélanger la farine, le bicarbonate de soude et les brisures de chocolat.
  • Ajouter les noix si désiré.
  • Dans un autre bol, écraser les bananes à l'aide d'une fourchette.
  • Ajouter le beurre fondu (ou l'huile) et l'œuf à la purée de bananes.
  • Verser les ingrédients secs dans le mélange aux bananes en une seule fois et mélanger.
  • Verser l'appareil dans un moule à pain préalablement graissé.
  • Faire cuire au four durant 50 minutes.
  • Vérifier la cuisson du pain à l'aide d'un cure-dent : il doit ressortir bien propre.

Essayez cette recette et je parie qu'ensuite, vous aussi vous vous mettrez à croire à des choses qui semblaient jusqu'à maintenant n'exister que dans un monde parallèle !

dimanche 16 décembre 2012

Un bon chocolat chaud


Chaque journée qui s'amorce est riche en surprises, quelles soient bonnes ou mauvaises. C'est ce qui constitue les aléas de la vie. Par contre, lorsque la vie nous malmène un peu en nous envoyant des petits désagréments, il n'y a rien qu'une tasse de bon chocolat chaud ne puisse adoucir. Ainsi, la prochaine fois vous vous sentirez un brin cafardeux, que ce soit parce qu'une vieille dame vous ait volé votre place de stationnement au centre d'achats en vous prenant de vitesse avec sa Chevette 1983, que votre dentiste vous ait annoncé que cette dent qui vous fait mal depuis quelques jours doit subir un traitement de canal ou que votre patronne que avez félicitée pour sa grossesse désormais bien visible, n'est tout compte fait pas enceinte, préparez-vous un bon chocolat chaud. Vous verrez que n'importe quel petit tracas de cet acabit possède la merveilleuse propriété d'être soluble dans la boisson chaude cacaotée. Un véritable remède anti-déprime ! En fait, c'est certainement le meilleur remède que je connaisse (mis à part le jogging !) qui ne fasse intervenir aucune substance alcoolisée, voire illicite.

Mais là, je vous entends me demander : « Joanne, as-tu une bonne recette de chocolat chaud à me donner ?». Et c'est là que je rétorque « Justement, j'en ai une.». J'espère que vous mesurez toute l'étendue de votre incroyable chance.

Ingrédients
  • Une tasse de lait
  • 50 g de chocolat 70% *
  • Environ ¼ de c. à thé de cannelle moulue
  • Une pincée ou deux de piment de cayenne **
  • Sucre (une petite c. à thé devrait faire l'affaire)
* Pour un chocolat chaud au goût plus riche, vous pouvez augmenter la quantité de chocolat à 60g, voire plus. Allez-y avec votre inspiration du moment.
** Pour ma part, je mets l'équivalent de 1/8 c. à thé de piment de cayenne, mais comme il s'agit d'un dosage "Spécial Joanne Extra épicé", je vous conseille d'y aller avec parcimonie la première fois, quitte à en augmenter la quantité par la suite.

Préparation
  • Hacher le chocolat grossièrement ou briser-le en petits morceaux.
  • Placer le chocolat dans une petite casserole et verser le lait.
  • Ajouter les épices.
  • Faire chauffer sur feu moyen-élevé en remuant constamment avec un fouet et ce, jusqu'à ce que le chocolat soit fondu et que le liquide soit bien chaud (ne pas faire bouillir).
  • Verser dans une grande tasse, sucrer au goût et déguster.

Posologie

Prendre une tasse à toutes les fois qu'un souci vous turlupinera.

Pour ma part, je crois aux vertus de la prévention et m'en prépare régulièrement une bonne tasse, juste au cas où.

dimanche 2 décembre 2012

Sept trucs infaillibles pour un Noël gastronomique

C'est bientôt le Temps des Fêtes™ et la saison des réceptions. C'est votre tour de recevoir la famille ou les amis et vous commencez déjà à angoisser : la soirée que vous offrirez à vos convives sera-t-elle à la hauteur?

Elle est bien loin, l'époque des Noëls d'antan, où matantes et mononcles, cousins et cousines se servaient à qui mieux-mieux dans un buffet composé d'un pain-sandwich, de céleris au Cheez-Whiz, de petites saucisses cocktails dans la sauce V-H et d'un mystérieux aspic multicolore venu de la planète Mars, le tout arrosé généreusement de Québérac en cruchon. C'était l'époque glorieuse des Recettes Kraft et des petits sandwiches pas de croûte, de la bûche de Noël Sara Lee et du Kik Cola. La vie était simple, les Québécois un peu rustres et la nourriture un prétexte pour que toute la famille, alors fort nombreuse, se retrouve chez grand-maman.

De nos jours, Noël et le jour de l'an sont devenus des fêtes au faste hollywoodien, où la paillette et le glamour sont de mise. La société québécoise moderne a atteint un degré de sophistication qui surprendrait Jehanne Benoît et Pol Martin. Tout le monde et son beau-frère est maintenant un chef ou un sommelier en puissance. Recevoir n'est plus un moyen de voir son monde, mais s'est transformé en un épisode (à grand budget, s'entend) d'Un souper presque parfait. Le cristal a remplacé les verres de plastique et le Pied-de-vent le Velveeta. Bref, qui dit réception du Temps des Fêtes™ dit maintenant cocktail dînatoire, repas sept services, plats somptueux, et accords mets-vins dûment documentés.

Les attentes des vos convives sont donc grandes. Comment les impressionner sans devoir vous taper l'intégrale des magazines Ricardo? Vous doutez de votre capacité à leur proposer une nourriture d'appellation gastronomique contrôlée? Les Becs fins ont pensé à vous! Voici sept trucs simples et infaillibles pour rendre vos plats gastronomiques et, au final, faire de votre réception un succès.

*

1- Ne mettez pas les aliments un à côté de l'autre dans l'assiette. Cette disposition est vulgaire et conventionnelle. Mettez-les plutôt un par-dessus l'autre. Votre assiette prendra instantanément un tour des plus gastronomique.

2- Il y a de ces ingrédients magiques qui ajoutent un petit je ne sais quoi qui fait toute la différence. Ainsi, transformez n'importe quel plat en plat gastronomique en l'aspergeant abondamment d'huile à la truffe. Vous verrez, il prendra instantanément un goût, euh, comment dire, gastronomique.

3- Mettez impérativement au menu de votre souper de Noël des fruits et des légumes d'été. Manger des aliments hors-saison est une preuve de luxe (à défaut d'avoir les moyens de s'acheter une maison d'hiver dans les Antilles). L'été, les fraises, c'est convenu. Par contre, l'hiver, bien qu'immangeables, elles deviendront hautement gastronomiques.

4- Plus le chef a de tatouages, plus les plats qu'il propose sont gastronomiques (et, accessoirement tendances et urbains). À Noël, surprenez votre maman en portant une chemise à carreaux aux manches roulées et en arborant des tatouages-fleuves sur les bras. Comme par magie, votre soupe aux pois au foie gras semblera tout droit sortie d'une cabane à sucre gastronomique.

5- Vous voulez jouer de prudence et vous en tenir à des recettes que vous maîtrisez bien. Qu'à cela ne tienne! Prenez n'importe quel plat banal, changez un peu la recette, accrochez-lui l'épithète revisité et – paf! – il devient gastronomique. Jamais n'aurez-vous cru pouvoir servir du pâté chinois au réveillon de Noël!

6- Vous le savez, on le répète souvent dans les émissions au Canal Manger, en gastronomie, il ne faut pas négliger la présentation. Déposé à plat dans une assiette, le manger n'est pas gastronomique. Mais le même manger, servit dans une verrine, une mini-cocotte ou une cuillère cocktail, emplira vos convives d'une satisfaction toute gastronomique.

7- Enfin, au risque de donner l'impression de nous contredire, sachez qu'en vertu d'une approche postmoderne ironique, les mets kitsch peuvent devenir hautement gastronomiques. Tout est dans l'attitude et l'intention. Présentez votre buffet comme un hommage néo-trash aux Noël de votre enfance et voyez vos convives s'exclamer, un verre de Cuvée des Patriotes à la main et la bouche en cul de poule: « Ma chère, ces œufs mimosa sont un délice! »

dimanche 25 novembre 2012

Pour en finir une bonne fois pour toute avec "la" (sic) sandwich

Mettons un moment de côté la gastronomie et parlons langue française.

Hier, alors que je vaquais à mes occupations du samedi, j'attrape au hasard une réplique provenant de la télé. C'était l'invitée à une émission culinaire qui parlait sans vergogne d'une sandwich et personne, des animateurs ou des autres invités, ne la corrigeait ou n'osait la corriger. Venant de quelqu'un soi-disant expert en gastronomie, ça m'a fait tiquer et j'ai impulsivement publié le message suivant dans Twitter, au nom des Becs Fins :


C'était, on le comprendra, un simple gazouillis du genre « Mononcle fait une petite montée de lait ». Rien de très profond. Il semble cependant que le syndrome de LA sandwich agace pas mal de monde, parce que ce gazouillis aura suscité quelques réactions spontanées (bon, d'accord, quand il s'agit de Twitter réaction spontanée est un pléonasme). En particulier, un lecteur me souligne que pour sandwich, les deux genres sont acceptés au Canada.

C'est à ce moment que s'installa un léger doute dans mon esprit. Parce que, je m'en confesse, je n'avais pas fait de recherche préalable sur le mot sandwich avant de publier mon gazouillis. Et si j'avais induit mes chers suiveux en erreur? Et si ce gazouillis s'avérait un couac?

* * *

Je m'en confesse, ça fait des années que je n'ai pas ouvert un dictionnaire. Un dictionnaire en papier, s'entend. Mes dictionnaires de tous les jours pour le français sont l'excellent dictionnaire du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), source fiable et issue de ressources publiques et universitaires françaises, et le Grand dictionnaire terminologique (alias GDT) de l'Office québécois de la langue française, un incontournable, surtout pour le lexique des domaines techniques.

Or, ces deux sources sont sans équivoque : sandwich est un substantif masculin. Le Grand dictionnaire va même jusqu'à mentionner: « Il s'agit bien d'un nom masculin (un sandwich)… ».

Dans sa Banque de dépannage linguistique (alias BDL), l'OQLF propose aussi un article intitulé Noms masculins que l'on emploie indûment au féminin. On y trouve le fameux sandwich, en compagnie notamment du pétoncle et de l'anchois. On précise aussi que certains de ces mots ont déjà été féminisés, et c'est notamment le cas de sandwich, ce qui pourrait expliquer que leur emploi au féminin persiste.

Enfin, notons que certains dictionnaires offerts gratuitement en ligne ou sous forme d'applications mobiles (par exemple celui-ci) utilisent les données issues du Littré, un dictionnaire datant du XIXe siècle, lequel définit sandwich comme un substantif féminin. L'article Wikipédia sur le dictionnaire Littré précise par ailleurs que ce dictionnaire « reflète un état de la langue française classique et du bon usage littéraire entre le XVIIe et le XIXe siècle.» Disons que je vais m'en tenir à mes sources habituelles, qui estoient plus contemporaines.

* * *

Bref, pour moi la question est close: sandwich – comme pétoncle, ustensile et arôme – est masculin. Ceci dit, je suis pour la liberté de parole et vous pouvez bien continuer à dire une sandwich si ça vous fait plaisir, mais maintenant le ferez-vous en toute connaissance de cause et à vos risques et périls.

jeudi 25 octobre 2012

Les Trois petits bouchons


La vie est dure pour les restaurateurs. Les journées sont longues, ardues et stressantes, le prix des aliments augmente sans cesse et la compétition est féroce. J'ai vu un jour une statistique qui mentionnait que près d'un restaurant au Québec sur deux ferme ses portes 3 ans seulement après son ouverture... Il faut donc y croire furieusement et savoir que des bras tatoués et une belle gueule passant bien à l'écran ne garantissent malheureusement pas automatiquement le succès.

Dans ce contexte difficile, il ne faut donc pas s'étonner qu'un même local puisse voir passer successivement sous son toit plusieurs restaurants différents. C'est le cas du restaurant les Trois petits bouchons qui occupe le local où se trouvait jadis le Persil fou, notamment.

Nous avons visité cet établissement il y a quelques semaines dans le cadre d'un souper d'anniversaire avec des amis. Eh oui ! Un autre ! À croire que je compte 365 amis et que tous ont leur anniversaire à des dates différentes. Mais trêve de digression. La maison se targue d'utiliser des produits du terroir et de favoriser les produits locaux, ce qui a toujours l'heur de me plaire en ces temps où les préoccupations écologiques prennent de plus en plus le haut du pavé, avec raison. Au premier coup d'oeil, l'ardoise nous semble en effet bien refléter cette revendication.

En entrée, mon amoureux et moi choisissons respectivement la pieuvre grillée et la salade de tomates ancestrales. Ici, petite précision : une de mes maladies mentales m'oblige à ne consommer les bestioles à tentacules que sous forme de cubes. Mais là vous me direz : "Euh... Aucun animal terrestre ou marin, aussi exotique soit-il, n'existe sous forme de cube". Ce à quoi je rétorquerai : "Faux ! Cet animal existe en autant qu'il passe d'abord dans l'assiette de ma tendre moitié qui lui fait ensuite subir une subtile transformation cubique dans le but ultime de m'y faire goûter".

C'est donc pour cette raison que je suis en mesure d'affirmer que la pieuvre en cubes que j'ai goûtée dans l'assiette de mon conjoint était vraiment délicieuse, tendre et moelleuse à souhait. Le céphalopode, ou du moins ce qui en restait, reposait sur un peu de crème sure et était accompagné de bacon. La sauce qui le nappait était toutefois un brin trop sucrée, ce qui donnait presque l'impression de manger un dessert de pieuvre à l'érable, ce qui selon moi est loin d'être un concept gagnant.


Mon entrée de tomates ancestrales était vraiment délicieuse. Les belles tranches de tomates multicolores bien goûteuses (on est loin des boules rouges insipides de Savoura ici !) étaient accompagnées de petits beignets au parmesan ainsi que d'une espuma de basilic. Si l'occasion se présente à nouveau, je reprendrai assurément cette belle entrée.


Pour leur part, nos amis avaient choisit la tartelette aux champignons de même que la pieuvre grillée. Ici, même constat au sujet de la pieuvre. Par contre, la tartelette aux champignons était tout à fait réussie, bien généreuse en garniture.


En plat de résistance, nos choix se sont portés sur la tartiflette pour moi et le bar "alla Norma" pour monsieur. La tartiflette, plat que je rebaptiserai pour l'occasion "Demain, je devrai courir au moins 10 km", est un gratin de pommes de terre, de lardons, d'oignons et de fromage, typiquement du Robochon. Dans le cas présent, le fromage originaire de Haute-Savoie avait été remplacé par un fromage québécois dont le nom m'échappe malheureusement  mais qui n'avait certainement rien à envier à son cousin d'outre-mer. Le plat, surmonté de roquette, était délicieux, quoique plutôt costaud. Mais bon, je savais tout de même à quoi m'attendre.


Le poisson de mon amoureux était cuisiné "alla Norma", c'est à dire à la mode méditerranéenne, ce qui nous laisse présumer que la Norma en question est d'origine méditerranéenne. Oui, je sais, notre puissant esprit de déduction est redoutable. Le bar était donc servi avec un concassé de tomates, d'une tranche d'aubergine grillée, de même qu'avec quelques moules et des gnocchis. Monsieur est très content de son choix car c'est très bon.


Le risotto au homard et aux betteraves de notre amie n'obtient pas le succès escompté : le goût de la betterave est trop accentué et éclipse littéralement le crustacé, ce qui est fort dommage. Le plat aurait sans doute gagné à être mieux dosé. Belle assiette, quand même.


En ce qui concerne le duo de ris de veau et magret de canard que notre ami a élu, il est accompagné de légumes braisés, de champignons sautés et la viande est déposée sur une riche purée de légume racine. C'est un plat pour carnivore certes, mais les légumes sont tout de même bien représentés. Aux dires de notre ami, l'ensemble est savoureux.


Comme je l'ai mentionné à maintes reprises, la vie de blogueuse foodie est difficile, ce qui fait que je dois bien souvent m'astreindre à prendre du dessert même lorsque je n'ai plus faim... Appelez ça avoir le sens du devoir, voire même de l'abnégation. Donc, me voici assise face à un truc gigantesque qui s'appelle Sundae aux brownies chocolat, un genre d'Everest de la coupe glacée. C'est sûr que je ne sors pas d'ici vivante si je viens à bout de cette chose. Mon seul salut tiendra au fait que mon instinct de survie me ramènera à la raison et m'empêchera de terminer cet énorme dessert, au demeurant, délicieux.

Pour sa part, notre amie, plus raisonnable, optera pour le crumble aux fraises accompagné d'une glace aux amandes. C'est réconfortant et très bon.

(En passant, Monsieur Becs fins fait dire que la carte des vins est très intéressante et composée exclusivement de vins "naturels", bios, etc.)

Au final, notre impression générale est très positive malgré quelques petits bémols notamment en ce qui concerne l'entrée de pieuvre grillée et le risotto (qui lui font perdre une ½ étoile), ce qui fait que nous reviendrons certainement nous attabler de nouveau aux Trois petits bouchons.

Évaluation : ***½
Prix : Compter environ 40$ par personne avant vin, taxes et service

Les Trois petits bouchons
4669 Saint-Denis
Montréal
514.285.4444

dimanche 2 septembre 2012

C'est la saison des conserves!


Voilà quelques années qu'avec un groupe d'amis, nous nous retrouvons au début de septembre pour une corvée de conserves. Nous avions d'ailleurs fait un petit reportage sur le sujet il y a deux ans.

Disons-le, les choses ont pris au fil du temps des proportions semi-industrielles. Cette année, la journée de production a impliqué pas moins de :
  • une douzaines de participants;
  • pas loin de 12 heures de travail;
  • 4 brûleurs au gaz;
  • 500 livres de tomates, entre autres matières premières.

Le résultat: une production totale de 280 pots de six différentes préparations:
  • des tomates;
  • des cornichons à l'aneth (les bons vieux pickles);
  • des oignons perlés marinés;
  • de la marinade aux concombres (alias Bread and butter);
  • du ketchup aux fruits;
  • et un ketchup rouge, selon une recette prétendument ancestrale.

La quantité de pickles a été revue à la baisse : il nous restait tous plusieurs pots de l'an dernier. Par contre, bon an mal an, les tomates s'envolent toujours avec une belle constance et nous en avons produit encore cette année environ 150 pots. Une fois pelées, elles sont simplement cuites entière avec du basilic et du sel (et un peu de jus de citron concentré pour la conservation).


C'est la première fois que nous faisions des oignons marinés et nous avons bien hâte de goûter au résultat. D'autant plus que l'opération consistant à les peler s'est avérée fastidieuse, bien que nous les ayons d'abord dûment blanchis dans l'eau bouillante. Sans parler que les oignons perlés, même achetés en vrac, ne sont pas donnés. Ces petits oignons vaudront-ils leur pesant d'or et tout le jus de coude investi ? Suspense!

Cet hiver, les pickles et les oignons marinés accompagneront avec bonheur les raclettes et autres grilled cheese, tandis que toutes ces marinades n'attendent que la saison de la tourtière pour donner leur plein potentiel.

Et dans les mois qui viennent, à chaque fois que nous ouvrirons un pot, nous nous rappellerons avec nostalgie cette belle journée de fin d'été passée entre amis.


vendredi 31 août 2012

Beaver Hall

 


Je visite ce resto assez régulièrement mais étrangement, je n'en avais encore jamais parlé dans ce blogue. Ce qui est complètement injustifié car c'est un de mes restaurants du midi préféré. En fait, si j'étais le moindrement masochiste, je pourrais m'auto-flageller en public afin d'expier cette faute. Mais bon, puisque ce n'est pas le cas, je crois qu'un simple mea culpa fera amplement l'affaire. Je tiens également à indiquer que c'est cet établissement, l'un des premiers rejetons (et non le moindre !) de la famille Europea, qui m'a redonné espoir en l'humanité ainsi qu'en la possibilité de très bien manger le midi à prix raisonnable dans le quartier du Palais des Congrès.

La carte du midi est très variée, offrant aux convives près d'une quinzaine de plats incluant une des entrées suivantes : le potage du jour, la croquette de fromage ou la salade mesclun. D'autres entrées sont offertes moyennant un léger supplément. Le menu de style bistro de la maison inclut des classiques tels que notamment le tartare de saumon, la cuisse de canard confite ainsi que la bavette grillée. Notons également que le fish and chips servi ici mérite d'être mentionné car il s'agit certainement de l'un des meilleurs que j'ai mangé. 

Ne faisant donc pas exception à la règle, mon collègue et moi avons très bien mangé ce midi-là au Beaver Hall. Mon potage de patate douce, à la texture bien lisse, présenté avec un croûton salé et garni d'un filet d'huile d'olive, était délicieux.



L'entrée de mon acolyte, la croquette de fromage accompagnée de pesto, de sauce tartare et d'une salade de mesclun et noisettes, est également très réussie. Très belle entrée simple et sans prétention, mais très appréciée.




Les plats principaux ne se feront pas attendre très longtemps car le service ici est empressé et très cordial. Mon tartare de saumon est accompagné de croustilles de pain plat, d'une verrine d'avocat et de tomate ainsi que d'une salade de betteraves et d'une salade de minis bok choy et fèves germées. Je ne sais plus où donner de la fourchette tant mon assiette est une explosion de couleur et de saveur. Heureusement, le tartare sait jouer du coude pour conserver la place qui lui est due ! C'est frais, léger et parfaitement bien dosé. Les accompagnements sont généreux et ajoutent de la fantaisie au plat, ce qui n'est assurément pas pour me déplaire.



Mon compagnon a choisi le poisson du jour, le maquereau, qui est servi avec de la courge et okras grillés, ainsi que d'une salade de roquette. La chair du poisson grillé est moelleuse. L'ensemble de légumes, courges, courgettes, okras grillés et roquette vinaigrette, sur lequel repose la bête est judicieux et ceux-ci sont très bons. Très beau plat.



À la fin du repas, on vient nous présenter une belle sélection de desserts en verrine, mais nous devons malheureusement décliner, le temps nous pressant quelque peu ce jour-là. Ils ont tous l'air délicieux, particulièrement la crème de citron qui me fait des yeux doux... À regret donc dis-je, je dois passer mon tour, mais je me reprendrai... bientôt !

Évaluation : ***½
Prix le midi : Compter de 15$ à 28$ par personne avant vin, taxes et service.

Bistro Le Beaver Hall
1073, Côte du BeaverHall
Montréal
514.866.1331

jeudi 19 juillet 2012

La salle à manger


Mais quelle est donc cette manie à Montréal de nommer les restaurants de façon générique : La fabrique, Le garde manger, Le comptoir, Le hangar, Le local. À quand « Le restaurant »? Ça manque de personnalité, tout ça. Et c'est un peu mélangeant.

C'est où déjà la réservation, ce soir? Ah, oui : La salle à manger.

Ce n’est pas notre première visite à La salle à manger. Nous avions bien apprécié une précédente visite et nous étions promis d’y revenir. Connaissant l’endroit comme étant pas mal couru, nous tentons notre chance pour une réservation avec à peine deux jours d’avis. Coup de chance? Il y a de la place, on nous donne même le choix entre une table ou le bar. Nous choisissons cette seconde option, que nous apprécions bien et qui offre généralement un excellent point de vue sur les rouages d’un restaurant.

La salle à manger est sur l'avenue du Mont-Royal Est, coin Chambord, autant dire en plein milieu du centre de l'univers, tel que défini par certains animateurs radio de la ville de Québec, jaloux du fun que les gens ont l'air d'avoir sur le Plateau Mont-Royal. En tout cas, pas de doute, nous sommes ici en territoire branché.

D'abord, il y a la déco. Dépouillée, dans le style local semi-industriel. Le mobilier est recyclé, les tables et le bar sont faits de planchers d’allée de quilles ; quelques grandes tables sont bordées de bancs d’église. Des grands pans de mur sont en ardoise et on y inscrit à la craie les plats qui complètent la carte. Au fond de la salle, un frigo à viande exhibe par une vitrine quelques carcasses suspendues.

Ensuite, il y a les serveurs et leur look hipster. J'observe et conclus que si la chemise à carreaux est manifestement obligatoire, la barbe semble fortement recommandée et les tatouages, eux, facultatifs. Vous voyez le topo.

Pour tout dire, c’est tellement branché que si on oublie un moment qu’on est avenue du Mont-Royal, on se croirait presque dans le Mile-End.

Nous prenons place et sommes tout de suite un peu déçus de constater qu’il n’y a aucune personnalité connue dans la salle, alors que lors de notre dernière visite une bonne dizaine de vedettes faisaient bombance à la table voisine de la nôtre. Voilà où en est rendu le Plateau : les artistes se sont déjà tous réfugiés dans des restos du Mile End (ou de HOMA?). Qu’à cela ne tienne : je suis le seul à savoir qu'il y a dans la place la femme la plus extraordinaire du monde (je parle de Madame Becs fins, bien entendu).

C'est un samedi de canicule, il fait chaud et humide et nous analysons le menu, en quête de quelque chose de froid et de léger. La carte est longue et propose un bel assortiment de plats, sous les rubriques : Cru et mariné, Froid, Chaud, Végé, Viande et Poisson. On nous indique que les trois premières sections correspondent à des entrées et les trois dernières à des plats. Or, nous découvrirons que les entrées peuvent être passablement copieuses, et alors que nous espérons manger léger, nous finirons par nous goinfrer de belle façon.

Comme c'est l'usage dans certains restaurants, on utilise souvent ici des planches à découper en guise de plat de service. Permettez-moi de mentionner au passage que je ne suis pas un fan de la chose. D'abord, l'absence de rebord augmente les risques de dégâts (on comprend alors pourquoi l'assiette et le bol ont été inventés). C'est aussi un support un peu poreux, qui ne rend pas justice aux vinaigrettes, aux jus et aux sauces ; le résultat n'est pas aussi appétissant (et beau) que dans une assiette blanche. Enfin, ça laisse potentiellement planer un doute sur l'hygiène de l'objet, impossible à constater de visu, contrairement à une assiette.

Le service, assuré par le barman, est sympathique et décontracté ; mais venant d'un type avec une chemise à carreaux, difficile d'imaginer autre chose, n'est-ce pas? On peut aussi le voir préparer fort adroitement toutes sortes de drinks, ce qui est plutôt amusant. De notre position stratégique, nous pouvons aussi apprécier le travail de la brigade en cuisine. La salle est pleine et ça fourmille! Et, il faut le souligner, ce restaurant est très bruyant. L'atmosphère y est festive et c'est une adresse à éviter, disons, pour une demande en mariage ou pour l'anniversaire de votre vieille grand-mère.

Mais je crois que nous sommes rendus à ce point de la critique où le lecteur, impatient, demande : « Coudon, c’était-tu bon? »

Patience, j'y arrive! Nos choix se portent sur : la terrine de foie gras, l'assiette de charcuteries maison, l'assiette de burratina (une mozzarella fraîche) et saucisson à l'ail rôti, et le plateau de légumes. Ça donne, il faut le dire, beaucoup de bouffe pour un seul homme et sa fiancée. Mais nous faisons honneur à ces plats autant que faire se peut, car tout est délicieux.

Sans entrer dans une description détaillée de chaque plat, soulignons que la terrine et le burratina sont chacun accompagnés de belles salades composées de verdures très diverses. On est loin du banal mesclun. L'assiette de charcuteries maison compte pas moins de sept variétés de charcuteries, de la tête fromagée au saucisson sec, et tout est délicieux (ce plat est mon coup de cœur du repas). Le plateau de légumes est servi dans une grande assiette de service (une fois n'est pas coutume) et propose des légumes variés, carottes au beurre, rabioles laqués au miel, betteraves, etc., ainsi qu'un d'un fort sympathique fromage frais maison, à mi-chemin entre le cottage et le fromage en grain.

Pour nous faire pardonner de ne pas avoir terminé nos assiettes, madame Becs fins décide de commander un dessert, le Choco-caramel. Je la regarde grignoter la chose en ne l'aidant (presque) pas.

En conclusion, la salle à manger représente un bon rapport qualité-prix. On sent que l'argent va dans l'assiette plutôt que dans les nappes blanches, le décor moderne ou le costume des serveurs. Une cuisine « bistro moderne de qualité » pour laquelle, je l'avoue, j'ai un faible.

Bref, voilà un restaurant branché qui n'a pas volé sa réputation.

Évaluation : ****
Prix : Entrées (certaines copieuses!) de 10$ à 20$, plats de 23$ à 30$.

La salle à manger
1302, avenue du Mont-Royal Est
Montréal
Tél. : 514-522-0777

dimanche 15 juillet 2012

Bref éloge de Jacques Benoît

J’adore la prose et la philosophie du chroniqueur vin de la Presse, Jacques Benoît.

Son verbe est précis et il ne se lasse pas de vulgariser, définissant un terme spécialisé par-ci, expliquant un concept par-là. Vous ne verrez jamais Jacques Benoît poser en expert et jouer le curé en chaire qui tente d’imposer ses préférences. On le sent toujours conscient de la complexité de l’univers des vins et de l’extrême relativisme des goûts. Tout au plus soulignera-t-il qu’un vin sort des canons classiques en écrivant une formule telle que : « malgré tout très bon, dans son genre ».

Je découvre à l’instant que Jacques Benoît est aussi écrivain (six romans, un roman pour enfants et un essai biographique) et scénariste (La maudite galette et Réjeanne Padovani, c’est lui!). Voilà qui explique d’une certaine façon la grande qualité de sa plume comme chroniqueur.

Un exemple de ce que j’apprécie dans ses chroniques? Une phrase suffit. Ce week-end, Jacques Benoît  écrivait ceci : 

« Car comme toujours en matière de vin, il n'y a pas de règle absolue, chacun fait comme il l'entend. » 

I'll drink to that.

jeudi 12 juillet 2012

Wakamono



Je l'ai déjà mentionné à plusieurs reprises, et certaines personnes dont la langue aurait besoin d'une bonne séance de savonnage pourraient vaguement évoquer s'il s'agit de radotage de ma part, mais j'adore les tapas. En effet, le concept de pouvoir se régaler à partir d'un éventail de plats présentés en format réduit me réjouis complètement, un peu comme si c'était le Noël de la gourmande à chaque repas... Or, si ce concept est originaire de la péninsule ibérique, cette tendance culinaire a depuis plusieurs années fait des petits au-delà de sa contrée initiale au point où même la cuisine japonaise peut maintenant se targuer à son tour de servir sa version des tapas : la cuisine Izakaya.

Or le restaurant Wakamono a depuis un certain temps intégré à son menu une belle sélection de tapas japonais, ce qui évidemment, m'apparaît comme une fort bonne idée.

C'est donc afin de souligner l'anniversaire d'un ami que nous nous sommes présentés récemment à cet établissement de l'avenue Mont-Royal. La dernière fois que nous étions venus ici, la carte des tapas n'avait pas encore été ajoutée au menu, mais mon expérience d'alors, si ma mémoire est bonne, avait été positive, les sushis que nous avions mangés nous ayant plu.

La salle est vaste avec des murs à la brique et des panneaux en papier de riz rétro-éclairés. Très belle déco épurée, zen et accueillante. La carte des tapas, divisée en trois sections, tapas chauds, froids et frits, est assez diversifiée. Les prix varient de 4$ à 16$, les plats de riz et de nouilles, plus copieux (en format "demi-portion"), étant les plus dispendieux. Sinon, la plupart des tapas qui se présentent en format "entrée" se détaillent entre 6$ et 10$. Une carte de sushis est également proposée.

Mon amoureux et moi optons pour les gyoza au porc (petit chausson farci poêlé), les dim sum aux crevettes (chausson cuit à la vapeur) ainsi que ceux au porc, les légumes tempura et le riz frit aux légumes. Pour ma part, j'ajoute à cette sélection la salade Wafu, une salade avec carottes et concombre, nappée d'une vinaigrette wafu. Nos amis choisissent également des plats provenant de la carte des tapas, de sorte que nous pourrons lorgner à loisir dans les assiettes de nos voisins, voire même piocher un peu dedans, histoire d'élargir nos horizons. Ben quoi ? Tout foodie digne de ce nom ne recule devant rien afin de remplir sa mission, pas même d'afficher le comportement d'une mouette qui tournoie au dessus d'un McDo...

Ma salade est fraîche et croquante, la vinaigrette crémeuse à base de sauce soya insufflant à l'ensemble une touche typiquement nipponne. Les légumes tempura sont délicieux : la pâte est fine et croustillante et les légumes, tout juste assez tendres, mais pas trop. Les gyoza au porc sont succulents, la garniture étant bien goûteuse. Monsieur Becs fins et moi avons également beaucoup apprécié les dim sum aux crevettes et ceux au porc, bien moelleux. Mais que dire du riz frit, à part le fait qu'il était tellement bon que je continuais à en manger même si je n'avais plus faim, je veux dire, moi qui ne suis pas une fan du riz ? C'est tout dire. En réalité, il s'en serait fallu de peu pour que je me réveille la nuit afin de repenser à ce délicieux riz. À ça ainsi qu'au sort plus qu'incertain d'une tribu amazonienne découverte récemment et qui vit en autarcie. Mais là, je sens qu'on s'éloigne un iota du sujet...

Tout le monde autour de la table est ravi par ce qu'il a dans son assiette, nous y compris. Un seul bémol : le service était un peu lent, ce qui ne nous a pas permis de commander des desserts à cause de l'heure tardive une fois rendu à la fin du repas. Mais peut-être était-ce simplement parce que les coupes de vin affichant encore un niveau non-négligeable, le serveur a interprété cela comme le signe de convives qui étirent nonchalamment le souper. Ce qui fait que pour essayer les desserts, nous devrons revenir, ce qui de toute façon, était dans nos plans à plus ou moins court terme.

Évaluation : ***½
Prix : Compter environ 30$ par personne avant taxes et service.
Renseignements supplémentaires : Restaurant "Apportez votre vin". De plus, Wakamono est un établissement où un groupe d'une dizaine de personnes, voire plus, peut être installé à son aise et ce, sans gêner les amoureux attablés autour.

Wakamono
1251 Mont-Royal Est
Montréal
514.527.2747

lundi 25 juin 2012

Ferreira Café


Je propose de faire une première visite dans cette institution montréalaise qu’est le Ferreira Café, où nous ne sommes encore jamais allés. Ouvert il y a plus de 15 ans, ce restaurant est souvent cité comme une des bonnes tables de la ville. Le patron, Carlos Ferreira, portugais d’origine, est devenu PDG d’un petit empire culinaire luso-montréalais, qui comprend le Ferreira Café, rue Peel, le Café Vasco da Gama, qui fait café, épicerie et traiteur à quelques pas de là, et le F Bar, dans son bunker de verre, sur la Place des Festivals. C’est donc attiré par la réputation de l’endroit, mais aussi curieux de découvrir un haut lieu de la gastronomie portugaise sis bien loin du petit Quartier portugais, que nous connaissons bien, que notre choix s’arrête sur le Ferreira Café (eh oui, Ferreira d’abord et Café ensuite, à l’anglaise).

Nous nous présentons donc au restaurant dûment munis d’une réservation, un must pour y avoir une table. Le resto est bondé. On nous fait patenter, le temps que se libère notre table. La salle, étroite et profonde, est flanquée sur une bonne partie de sa longueur d’un bar. Au fond, après avoir gravi quelques marches, une autre salle et les cuisines, ouvertes sur le restaurant. La salle présente un décor moderne, d’inspiration portugaise, en particulier ce mur décoré d’éclats d’assiettes de faïence. Après quelques minutes d’attente, on nous installe près du bar.

Oubliez les nappes blanches et l’atmosphère feutrée. Le Ferreira Café se la joue bistro urbain énergique. L’espace est plutôt bruyant. Est-ce pour couvrir le son des conversations ou pour créer l’ambiance? Le volume de la musique est fort, et ira en augmentant au courant de la soirée.

La carte propose principalement des classiques (ou des interprétations de classiques) portugais : beaucoup de fruits de mer et de poissons. On y trouve les incontournables sardines, calmars, pieuvre et morue. Miam. Ici, le soir, pas de formule table d’hôte, tout est à la carte (il y a cependant un menu à prix réduit en fin de soirée). Côté vin, la carte est généreuse et met bien entendu le Portugal à l’honneur. Par contre, le choix de vins au verre est très limité.

Nous commandons chacun une entrée et un plat. Mais quelques minutes plus tard, voyant des assiettes être servies et constatant que les plats ne semblent pas par défaut garnis de légumes, j’ai un remord. J’en parle au serveur et lui demande d’ajouter un à-côté de légumes grillés. (Si vous n’êtes pas à votre première visite ici, vous savez déjà que, tout gastronomique que soit un repas (et j’ai envie de dire surtout s’il est gastronomique), pour les Becs fins, il est primordial que des légumes y soient bien présents.)

En entrée, la salade de pieuvre grillée est composée de morceaux de tentacule encore tièdes, de cubes de pommes de terre, de quelques câpres, et d’un soupçon d’échalote. L’assiette est décorée d’une goutte de sauce piquante (piri-piri, sans doute), ce qui permet d’ajouter à loisir un peu de punch. Un plat simple, des ingrédients frais, le nombre limité d’ingrédients assurant que la pieuvre, à la chair tendre au goût délicat, demeure en vedette. Voilà une salade qui fait voyager et pour bien moins cher qu’un billet d’avion pour le Portugal ou l’Espagne.

Le gaspacho arrive dans un grand bol. La portion est généreuse. La soupe a de la texture, la préparation n’ayant pas été pulvérisée jusqu’à devenir parfaitement lisse. Ça goûte bon la tomate et le poivron. Encore une fois, simple et bon.

Suivent les plats. Pour ma part, la morue noire rôtie en croute de cèpes, réduction de porto. Le filet de poisson repose sur des pleurotes et une purée de pomme de terre. La cuisson du poisson est parfaite. On suspecte que la mince croûte de poudre de champignon a contribué à maintenir l’humidité dans la chair, ce qui lui donne une texture moelleuse, parfaite. Ça fond sur la langue. Les champignons et la réduction de porto viennent donner au plat un goût un peu corsé, fort agréable. Je me félicite d’avoir choisi un verre de rouge pour accompagner le plat.

Madame Becs fins a choisi le gratin de morue. C’est un peu, si vous voulez, la version portugaise du pâté chinois : un étagé fait de morue salée et de purée de pommes de terre, le tout coiffé d’un peu de sauce tomate. Le plat est décoré de quelques olives noires. J’imagine que c’est le genre de plat que vous servirait une lointaine matante portugaise. Je dis cela à la fois comme une qualité et un défaut : ça semble tout à fait typique (le mélange de morue et pomme de terre est un grand classique portugais), mais ça manque un peu de raffinement, surtout à 30$ l’assiette. Mais dans le genre, c’est réussi. Et le plat est copieux. La texture de la morue salée, qui possède une certaine rigidité, et son salé se marient bien à la purée. Purée qui manque cependant un peu d’assaisonnement, aux dire de Madame Becs fins.

Les légumes grillés arrivent malheureusement alors que nous avons presque terminé nos plats. Le serveur s’en excuse. Il semble que l’ajout d’un plat après la commande initiale ait créé un peu de confusion en cuisine. Le plat propose un mélange de carottes, courgettes et rapinis cuits à point et parfaitement assaisonnés.

Nous partageons un dessert (ou Madame Becs fins le partage avec moi, selon le point de vue). Il s’agit d’un fondant au caramel salé, glace aux amades. Le petit gâteau mi-cuit, aux saveurs rappelant un peu le pain d’épice (de la cannelle? du gingembre?) est généreusement nappé d’un caramel chaud. Le tout est accompagné d’une boule de glace aux amandes et de quelques fruits des champs. Le caramel n’est pas trop sucré, le gâteau bien moelleux, la glace possède un goût affirmé d’amandes. Très bon dessert.

Par contre, mauvaise note pour mon café allongé, fade, sans arôme, qui était bien en deçà de ce qu’on attend d’un restaurant de ce standing.

Comme je le disais plus haut, tout au long du repas, la musique semble se faire de plus en plus forte. Je finis par remarquer que depuis notre arrivée, on fait jouer le même disque à répétition. J’ai beau apprécier le genre, que je décrirais comme étant du flamenco-lounge, la répétition finit par m’agacer.

Le service est correct et son rythme, parfait. Seules fausses notes : le peu d’information fournie sur les vins offerts (disons que les vins du Portugal, moins connus que ceux d’autres pays vinicoles, exigent à mon avis un minimum de présentation pour le commun des mortels), ainsi que les légumes retardataires.

Notre verdict? Vous trouverez au Ferreira Café une cuisine simple, très bien faite, des ingrédients manifestement de qualité, dans une ambiance urbaine et branchée. Ferreira Café a beau être loin du Quartier portugais, c’est à n’en pas douter un fier ambassadeur de la gastronomie de ce pays, tout autant que Portus Calle, autre grande adresse portugaise à Montréal. Sachez cependant que le Ferreira Café offre une cuisine à la base plutôt simple, souvent rustique (il faut aimer les patates), à laquelle on peut avoir un peu de difficulté à accoler l’étiquette « de luxe » et à accorder le prix qui l’accompagne. Ça suscite le même genre de questionnement que dans certains restaurants italiens où on nous facture sans rire une assiette de pâtes simplissime à 30 ou 40 dollars.

Et Madame Becs fins fait dire que le F Bar, du même propriétaire, est une meilleure affaire.

Évaluation : ***1/2
Prix : Comptez environ de 60 à 90 $ par personne avant vin, taxes et service.

Ferreira Café [http://www.ferreiracafe.com]
1446, rue Peel
Montréal
Tél. : 514-848-0988
Réservation possible sur le site Web du restaurant.