mardi 2 août 2011

La chocolatine aux pistaches de Mamie Clafoutis


J'ai eu le bonheur de goûter à cette petite merveille dernièrement et elle m'a conquise. C'est vrai qu'elle a absolument tout pour se faire aimer : une chocolatine où le chef n'a pas été chiche du point de vue quantité de chocolat utilisée, fourrée généreusement d'une pâte de pistaches contenant une profusion de morceaux de ces jolies petites noix vertes. En prime, cette charmante viennoiserie peut se targuer d'être un aliment complet car elle fournit des éléments des quatre groupes alimentaires : le croissant (produits céréaliers), les pistaches (viandes et substituts), le chocolat (euh... un fruit ?) et le beurre (hum, un produit laitier ?). Sans compter qu'avec ses 2000 calories et des poussières, elle constitue une source non négligeable de motivation à aller par la suite faire un petit jogging de 30 km !

La boulangerie d'origine est sise à Outremont, mais une deuxième adresse est ouverte depuis quelques mois sur la rue Saint-Denis à Montréal, près du métro Sherbrooke. Tout est confectionné sur place et, outre la délicieuse chocolatine aux pistaches, la maison offre moult pâtisseries, viennoiseries, pains, quiches, tartes, sandwiches et même des salades qui vous feront des yeux doux depuis leur tablette. En guise de conclusion, je me permet de paraphraser Oscar Wilde qui disait, fort à propos, ceci : « On peut résister à tout, sauf à la tentation. ».

Mamie Clafoutis
1291 Av. Van Horne
Outremont
514.750.7245

3660 St-Denis
Montreal
438.380.5624

vendredi 15 juillet 2011

Rôtisserie Romados



La rôtisserie Romados est située au coin des rues Rachel et de Bullion dans le quartier Portugais de Montréal. Le local se présente comme un comptoir pour emporter, bien qu’il soit possible de manger sur place, ce que je ne recommande pas particulièrement, parce que c’est zéro ambiance. Déjà, de la rue, on peut voir par une vitrine les grands barbecues sur lesquels on fait griller le poulet en crapaudine. Et ça opère! L’endroit est couru et je serais bien curieux de savoir combien de poulets on sacrifie ici annuellement pour la bonne cause. On vient y chercher un repas prêt à manger ou seulement du poulet rôti, qu’on servira avec l'accompagnement de son choix une fois à la maison.

Ce midi, j’ai choisi un repas de cuisse de poulet. Dans un contenant de styromousse, une toute petite salade, une cuisse de poulet détaillée en morceaux – en fait, plus d’une cuisse, puisqu'il y a un haut de cuisse et deux pilons – et nappée d’un jus; on m’a offert piquant et j’ai acquiescé. Le tout est littéralement enterré sous une montagne de frites. Le résultat, fort copieux, est conforme à la réputation des Portugais qui, comme les matantes du terroir Québécois, sont généreux question bouffe. Prix avec taxe: 7,05$. Difficile à battre. Si vous vous en sentez capable, commandez-vous en plus une pâtisserie pour dessert.

Le poulet est bien grillé et juteux. La peau est croquante par endroit. La sauce piquante n’est pas si forte et donne au poulet un bon petit goût de piment. Les frites sont un peu molles, mais épicées et pas mauvaises dans le genre (je souligne qu'il ne s’agit pas de frites commerciales congelées). J’ai mangé ce que j’ai pu, mais je n’ai jamais réussi à voir la fin de toutes ces frites. Et bien sûr, ça manquait de légumes, mais dans le contexte, c'est tout à fait excusable.

Bref, une excellente adresse pour attraper un repas à emporter, du fait maison pas cher. Rendez vous chez Romados chercher ce qu'il faut pour un pique-nique improvisé et allez manger tout ça assis dans l'herbe au Parc Jeanne-Mance, tout près. Mais attention d'y aller avant midi si vous voulez éviter la file!

Évaluation : ***
Prix : Un gourmand peut manger à sa faim pour moins de 10$. À ce prix-là, SVP, laissez un bon pourboire!

Rôtisserie Romados
115, rue Rachel Est
Montréal

jeudi 7 juillet 2011

L’art de la guedille

Si vous fréquentez ce blogue, vous savez déjà ce que je pense de la mode des mets de cantine(1) ennoblis et revisités. En mettant en vedette diverses versions de la poutine, du hamburger, du grilled-cheese et des rondelles d’oignon, certains chefs (souvent de jeunes chefs barbus et tatoués) dévalorisent le patrimoine culinaire québécois en suggérant que ces plats en constituent l’essence. La conséquence de cette tendance est un grand malentendu, où les étrangers, voire les Québécois eux-mêmes, en viennent à penser que les mets de casse-croûte – et en particulier la sempiternelle poutine! – sont devenus emblématiques de la gastronomie de la Belle Province. Cependant, malgré leurs efforts et toutes revisitées et déconstruites que soient leurs créations, ces chefs (et leurs tatouages) ne réussissent jamais à transcender la nature humble et, disons-le, bas de gamme des mets de cantine. Résultat : on a infailliblement l’impression de s’être fait arnaquer lorsqu’arrive l’addition (« Quoi?! 18$ pour un grilled-cheeze!! »)

Ceci étant dit, s’ils me semblent superflus dans les restaurants gastronomiques, certains mets de casse-croute s’avèrent tout à fait bienvenus à la maison. En effet, rien de plus amusant que de se concocter grilled-cheese, hamburgers et hot-dogs (sans les revisiter) par un beau samedi ou dimanche midi d’été. C’est festif, c’est convivial et c’est vite fait. Et si on oublie les frites et les boissons gazeuses, c’est tout à fait sain (sauf peut-être pour la saucisse à hot-dog dont on gagne à ignorer les ingrédients et le procédé de fabrication).

Ainsi, chez les Becs fins, avons-nous récemment (re)découvert le plaisir de la guedille maison et, ma foi, dans le genre « sandwich estival à manger sur la terrasse », difficile de faire mieux.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’une guedille (*)? Il s’agit d’une énième déclinaison du sandwich, formée d’un pain à hot-dog fourré d’une préparation à base de mayonnaise et de poulet ou d’œufs hachés grossièrement. Dans sa version maritime (et « de luxe »), on la préparera avec des crevettes ou du homard.

Voici donc pour votre plus grand bonheur, une recette de base de guedille.

Ingrédients, disons pour 4 guedilles (désolé, mais j’écris de mémoire et les quantités sont donc approximatives):
  • 4 pains à hot-dog. 
  • 1 tasse ½ de poulet cuit grossièrement haché ou 4 œufs durs grossièrement hachés ou la chair d’un gros homard cuit grossièrement hachée ou 1 tasse ½ de crevettes nordiques cuites. 
  • 2 grosses cuillères à soupe de mayonnaise (je recommande une marque européenne, plus goûteuse que le truc blanc commercial à l’américaine). 
  • 1 ou 2 branches de céleri hachées finement. 
  • 1 ou 2 oignons verts (ou un petit bouquet de ciboulette). 
  • 4 feuilles de laitue frisée (ou moins, selon la taille de la bête). 
  • Sel et poivre. 


Préparation:
  • Mélanger la viande (ou l’œuf), le céleri, l’oignon vert et la mayonnaise. Pour la guedille aux œufs, une cuillère à thé de moutarde de Dijon donnera une préparation plus relevée. Ajouter de la mayonnaise au besoin; la préparation doit être plutôt crémeuse. Saler et poivrer. 
  • Faire griller les pains à hot-dog. Pour la version décadente, les faire griller à la poêle dans du beurre. 
  • Dans chaque pain, déposer une feuille de laitue frisée. Puis, remplir généreusement de la préparation à la viande (ou aux œufs). 
  • Pourquoi ne pas saupoudrer d’une pincée de paprika ou de ce piment d’Espelette que vous avez reçu en cadeau et dont vous ne savez trop quoi faire? 

Accompagnez votre guedille de crudités et d’une salade de tomates. Et profitez du soleil, l’été passe si vite!


* * * 
Notes:

(1) …ou de casse-croûte ou de greasy spoon ou de diners, etc.

(2) Nous nous conformons ici à l’orthographe normalisée de l’Office de la langue française du Québec et écrivons guedille plutôt que guédille. La guedille se mérite en effet de figurer fièrement dans le Grand dictionnaire terminologique de l’OLFQ, qui fait bien entendu autorité en ce qui concerne les québécismes.

jeudi 30 juin 2011

Noodle Factory


« J’adore les nouilles ! » est une phrase qui, placée dans un contexte inapproprié tel qu’un premier rendez-vous galant, pourrait être malencontreusement interprétée par votre vis-à-vis par une appréciation un tantinet péjoratif de sa personnalité. Elle doit donc être manipulée avec soin. Par contre, elle prend une toute autre signification dans le contexte où vous revenez d’une visite chez Noodle Factory. Car alors, difficile de ne pas tomber en pâmoison devant ces tendres et charmantes petites choses. Surtout lorsqu’elles sont si bien faites.

Or, ayant visité récemment le Noodle Factory, je peux certainement clamer haut et fort « J’adore les nouilles ! » alors que j'ai sans conteste mangé le meilleur « Chow Mein style Cantonnais » de ma vie. Ce plat est composé d'une montagne de délicieuses nouilles croustillantes, nappée d'une succulente sauce avec crevettes, poulet, boeuf et légumes. Les crevettes, dont la cuisson constitue souvent un baromètre révélateur des compétences du cuistot, étaient dodues et juteuses à souhait. Le poulet et le bœuf quant à eux, étaient très tendres, alors que les légumes étaient juste assez croquants… Miam, miam ! Attention toutefois : les portions sont gigantesques, me laissant dubitative quant à la capacité des asiatiques à rester minces s'ils engloutissent une telle quantité de nourriture à chaque repas...


Cet établissement familial a ouvert ses portes en 2008 alors que les propriétaires décidaient d'offrir aux montréalais de savoureux mets issus de la tradition culinaire de Szechuan, du Shanghai et du Canton. Grand bien leur en pris car ce petit resto sans prétention situé dans le quartier chinois est très prisé.

Toutes les nouilles qui sont servies au Noodle Factory sont fabriquées sur place et sont donc d'une fraîcheur surréaliste. Et puisqu’ici, la nouille est LA star, le menu présente une multitude de plats dont c'est l'ingrédient principal. Ainsi, dumplings et raviolis divers, soupes et autres plats à base de nouilles, de même que de nombreuses entrées, sont offerts. Difficile donc de ne pas y trouver son compte !

Le service est très rapide et courtois. Par contre, l'endroit est tout petit et à l'heure du lunch, les gens se pressent dans l'entrée en espérant obtenir une place. Arrivez donc assez tôt pour faire partie de ceux qui ont la chance de trouver une place libre, pour ensuite pouvoir affirmer « J’adore les nouilles ! ».

Évaluation : ***
Prix : Compter entre 10$ et 15$ par personne, avant taxes et service.

Noodle Factory
1018 Saint-Urbain
Montréal
514.868.9738

jeudi 23 juin 2011

Prato Pizzeria & Café

En cuisine, comme en toute chose, le mieux est souvent l'ennemi du bien. En effet, la simplicité est souvent le plus court chemin menant à la réussite d'un plat. Un chef qui se perd en fioritures pour ornementer son oeuvre, ne fait que la charger inutilement pour ultimement, en perdre de vue l'essence même. Or, une recette devrait mettre en vedette l'ingrédient principal et non pas le masquer sous une myriade d'éléments qui, en bout de ligne, le relèguent au second plan.

Récemment, une première visite au restaurant Prato m'a permis d'apprécier à sa juste valeur toute la portée de cette prémisse : les choses simples sont souvent les meilleures. Ici, on se spécialise dans la pizza et on maîtrise son art. La pâte est mince et très croustillante et elle est recouverte d'ingrédients très frais. En réalité, on pourrait dire que la pâte ici est tellement bonne que c'est elle qui donne ses lettres de noblesse à la pizza. Rien de moins. Au final, la pizza oblongue à l'aspect artisanal qui en résulte est servie sur une lèchefrite en métal. Nul besoin d'artifice et d'enjolivure : la chose est simple, jolie et délicieuse telle quelle.

J'avais opté pour une pizza Pomodoro, pizza simplissime à trois ingrédients : tomates, parmesan et basilic. Poussée par la faim vorace qui m'habitait, je me suis donc jetée dessus comme une nuée de maringouins de l'Abitibi s’abattant sur un randonneur dodu et insuffisamment habillé, et n'en fit qu'une (ou deux) bouchées. La sauce tomate, très goûteuse et d'une onctuosité parfaite, offrait un équilibre acide/sucré très agréable. L'ensemble était agrémenté de feuilles de basilic frais et parsemé de tout juste la bonne quantité de parmesan. La pizza, donc, dans ce qu'elle a de plus basique et de plus authentique. Mon compagnon quant à lui, avait choisi la pizza végétarienne avec artichaut, tomate fraîche, champignon, poivron et oignon, un choix qui s'avéra cependant un peu moins judicieux que le mien, l’ensemble manquant un peu de punch. En réalité, il semblerait que la pizza végétarienne manquait tout bonnement de… viande, Monsieur ayant vraisemblablement opté pour une variété ne correspondant pas à son envie (carnivore) du moment. Mais ce petit désagrément est facilement évitable : il suffit en fait d’être à l’écoute de son tube digestif et d’effectuer son choix en fonction de ce qu’il nous dicte… Finalement, notons qu’en entrée de jeu, nous avions commandé des salades, petite verte pour moi, petite César pour monsieur, et elles se sont avérées être très fraîches et craquantes, simples (encore et toujours la simplicité !), mais très bonnes.

En conclusion, suite à cette visite, je dois réévaluer la liste de mes pizzas favorites pour y introduire celle du Prato. La pizza de Sandhu est certes délicieuse, mais celle de Prato, notamment à cause de sa pâte sublime et de son authenticité, occupe désormais la pole position.

Évaluation : ***
Prix : Compter entre 20$ et 30$ personne avant vin (ou bière), taxes et service.

Prato Pizzeria & Café
3891, boul. St-Laurent
Montréal
514.285.1616